Etude d’un mur de galets et de graviers, dans un méandre intérieur de rivière

Remerciements: je souhaite remercier Paul, un ami prospecteur, qui m’a permis de découvrir ce lieu très intéressant!

Bonjour les amis,

Votre dévoué serviteur est toujours fidèle au poste, prêt à vous partager ses recherches et ses investigations, pour le plaisir de la prospection aurifère et géologique!

Je souhaite vous remercier pour votre patience, votre fidélité, pour nos nombreux échanges, et aussi pour vos messages, commentaires et courriels.

Aujourd’hui, je vais vous présenter une étude réalisée en mai 2021, dans un mur de galets et de graviers, dans un méandre intérieur de rivière, loin du cours d’eau (à + 350 m), en région Occitanie.

C’est la première fois que je découvre un site aussi particulier, une telle configuration géologique.

Cela faisait longtemps que je voulais réaliser des explorations et des recherches pour l’or dans ce type d’endroit.

Plus précisément, il s’agit ici d’un mur de 2 à 4 m de hauteur, composé exclusivement d’un dépôt de gros galets et graviers roulés, et de sables, c’est un dépôt sédimentaire important par sa taille et dimensions, situé dans un méandre intérieur d’un cours d’eau.

Je suis parvenu à prélever 3 sceaux d’échantillons, pour les laver au pan à mon atelier, pour vérifier si oui ou non ils contiennent des grains ou des paillettes d’or.

Auteur: Vivien Laïlle – Mail: vivien.laille@gmail.comTéléphone: +33(0)6 95 34 35 45

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SOMMAIRE:

Introduction

Certains cours d’eau ou rivières charrient de grandes quantités de matériaux sédimentaires, parfois de très grandes tailles ; et d’ailleurs on sous estime très souvent la puissance de l’eau et son pouvoir de déplacer des matériaux pendant des crues, parfois sur de longues distances.

Les méandres sont des lieux d’accumulations de galets, graviers, sables, c’est ce que nous appelons des dépôts de barre.

Le cas qui nous intéresse ici dans cette étude, constitue la particularité d’être étendu, épais, et loin du cours d’eau ; au fil des années, l’accumulation a été si importante que le mur mesure aujourd’hui entre 2 et 4 m de hauteur!

Pour être complet sur le sujet des méandres, je vous invite à lire un article que j’ai rédigé, intitulé De l’or, la-bas, dans un méandre intérieur, dans un virage…, dans lequel je présente des travaux de prospections aurifères intéressantes.

Quelques trouvailles aurifères

J’y ai trouvé quelques spécimens de grains et de paillettes d’or, mais je l’avoue, j’aurai pensé en trouver une quantité plus importante, contrairement à d’autres lieux ou d’autres configurations dans lesquelles j’ai l’habitude de prospecter.

Mais cela n’est pas important, car je voulais savoir s’il y avait un peu d’or en ce lieu! Et j’ai maintenant la confirmation qu’il y en a, que ce genre d’endroit est aurifère.

Ci-dessous: 2 photographies prises avec un smartphone, en mode zoomé ; la pièce de 2 centimes d’euros sert de référence d’échelle de taille pour l’observateur.

Présentation du site de prospection aurifère

Pour présenter ce lieu, c’est une cuvette, entourée d’un mur d’affleurement de dépôt alluvionnaire, de 2 à 4 m de hauteur, circulaire ; il a été creusé au fil du temps, laissant apparent aux visiteurs toute l’épaisseur du mur.

Il ne fait aucun doute qu’un tel dépôt s’est fait sur plusieurs années ou décennies, bien avant son exploitation contemporaine, de la main de l’homme.

Ce dépôt alluvionnaire, situé dans le Sud Ouest de la France, en région Occitanie est jonché de gros galets roulés, de dimensions décimétriques, et centimétriques.

En fait, même si la rivière passait jadis par ici, le cours d’eau actuel se situe très loin, à une distance de 300 à 400 m, ce qui est considérable, cela illustre très bien la mobilité des cours d’eau, et les changements morphologique des berges au fil des années, siècles ou millénaires.

Le principal intérêt est qu’il est possible d’y réaliser quelques tests d’échantillonnages, des prélèvements hors d’eau, au sec, sans impacter quoi que ce soit dans le cours d’eau actuel.

Donc pas besoin de chercher directement dans la rivière.

Un mur vertical de dépôt de barre, épais de 4 m de hauteur, composé de gros galets, de graviers et de sables accumulés. Au fil des intempéries, les sables se délient, et les galets tombent par gravité, à la base du mur. Ce dépôt sédimentaire a été formé sur plusieurs centaines ou milliers d’années, à tel point que le cours d’eau lui même se situe loin, à environ 300/400 m!

Ce site a été creusé au fil du temps, par des particuliers, des professionnels, des maçons, des terrassiers, car ils viennent s’y approvisionner depuis des décennies, pour y récupérer des sables ou des gros galets.

Beaucoup de matériaux y ont été extraits à force, creusant une énorme cuvette.

Les sables sont utilisés pour faire du ciment ou pour certains besoins en terrassements ou en maçonnerie, tandis que les gros galets sont exploités pour faire des murs, des maisons, en tant que matière première de construction.

Pour certains, c’est un moyen économique, presque gratuit, de se procurer des matériaux de construction, pour peu que l’on dispose des engins ou véhicules adaptés, et d’un peu d’huile de coude.

Ci-dessous: 3 sceaux bien remplis, avec les substrats en provenance du mur, après un tamisage de maillage 1 cm, et dont je vais laver les contenus au pan américain.

Ce type de dépôt alluvionnaire est un excellent cas d’école, pour découvrir ce type de configuration géologique, car il procure une coupe frontale sur l’intégralité de la hauteur du mur d’affleurement, et il est possible de voir toute l’épaisseur de l’accumulation d’un seul tenant.

Pourquoi prospecter ici?

Les épais dépôts de barre, selon leurs histoires, selon les rivières, sont le résultat d’une zone de ralentissement, surtout s’ils ont été formés grâce à un méandre, à l’intérieur de ce dernier.

Ils peuvent être des endroits intéressants à étudier dans le cadre de la prospection aurifère.

Comme l’or est lourd, il pourrait avoir tendance à s’y accumuler, même si bien sur, ce n’est pas une règle générale, la nature est parfois bien compliquée et bien subtile.

L’accumulation de matériaux en provenance de la rivière, augmente aussi les chances d’y voir déposé des grains et des paillettes d’or, rendant ce lieu potentiellement aurifère, mais cela n’est pas rentable, et demande beaucoup de travail et le lavage de quantités très importantes de substrats.

Il faudrait remuer et retirer des très grandes quantités de sables et de graviers.

J’ai procédé à quelques tests, tout simplement par curiosité, par « culture de prospecteur« , mais pour ma part, j’ai trouvé des endroits bien plus riche en or, et sur des très petites surfaces.

Cela en valait la peine, de chercher, et de creuser un peu…

Aussi, je pense que, sans doute, il faudrait descendre plus bas, plus profond, jusqu’au bedrock, sur lequel repose le dépôt, et qui est difficilement accessible sur le terrain étudié.

Le matériel utilisé

Pour réaliser mes travaux de recherche et de prospection aurifère, j’ai utilisé un matériel simple:

  • 1 pan américain classique, modèle Garrett Gold Trap, propre et lavé,
  • 1 tamis Garrett de maillage 1 cm, pour le débourbage,
  • 1 petite pelle,
  • 1 petite serfouette,
  • 1 pipette/flacon, pour récolter les sables noirs,
  • 1 mini pan,
  • 1 microscope Novex P-20 LED,
  • 1 smartphone (appareil photo).
Voici le tamis utilisé pour le classement des substrats et le remplissage des sceaux: du kit Garrett Gold Trap, de maillage 1 cm.

La méthodologie de travail

J’ai tout simplement récupéré du substrat sableux de l’affleurement du mur, et j’ai rempli l’équivalent de 3 sceaux, après un tamisage de maillage 1 cm, au sec.

Ensuite, à mon atelier, j’ai procédé au lavage au pan du contenu des 3 sceaux, dans une grande bassine remplie d’eau, pour concentrer les sables noirs et les matériaux les plus denses et les plus lourds.

Enfin, j’ai récupéré avec une pipette/flacon ces sables noirs, pour les observer et les inspecter au microscope optique.

Vidéo de la prospection aurifère

La vidéo est en cours de montage et de finition, elle sera disponible très bientôt! 🙂 …

Paillettes et grains d’or découverts

Bon, si on s’en tiens aux résultats, ce n’est pas mirobolant, ni exceptionnel, mais il y a quand même un peu d’or bien présent, même si la récolte fut maigre…

Ce n’est pas grave car ce qui importe, c’est surtout d’avoir passé une agréable journée, et d’avoir découvert un nouvel endroit particulier.

Ci-dessous: un spécimen de paillette d’or typique d’un gisement détritique secondaire, en forme de flaque, aplati et aux contours assez uniforme.

Ci-dessous: 3 autres spécimens de grains d’or, très petits, mais bien présents dans les substrats récoltés.

Ci-dessous: des vues détaillées prises au microscope optique, présentant les 3 petits grains découverts. Ce sont des grains en relief, ils ne sont pas aplatis.

Certains disent que ce sont des hématites, d’autres pensent qu’il s’agit de scories de fontes, dans tous les cas, ces deux spécimens minéralogiques se démarquent considérablement des galets roulés environnants…

Conclusions

J’ai passé ce jour là un très agréable moment, et surtout j’ai fait la connaissance d’un nouvel ami prospecteur, Paul, que je souhaite remercier, car il a pris le temps de m’expliquer et de me partager beaucoup de choses très intéressantes.

Cela faisait très longtemps que je voulais découvrir un dépôt de gravière de ce type, et voici chose faite!

J’ai maintenant la confirmation, par l’expérience qu’il est possible d’y trouver un peu d’or dans ces types de lieux.

Cependant, malgré 3 sceaux lavés au pan, la récolte n’as pas du tout été exceptionnelle!

Peut être que je n’ai tout simplement pas eu de chance, peut être que je n’ai pas cherché au bon endroit, parfois la prospection aurifère n’est pas une tâche si facile!

Il faut chercher! Creuser!

Il aurait fallu faire d’autres essais, d’autres échantillons et d’autres recherches, mais la journée défile très vite!

Sur le thème des dépôts sédimentaires, et des méandres, je vous invite aussi à lire les articles suivants:

Références

Web

MATTEO OBERTO (Prospecteur et scientifique italien)

ASSOCIATION DES PROSPECTEURS AURIFERES DU SALAT

MEMOIRE ET PATRIMOINE DU BIROS ET DU CASTILLONNAIS

GOLDLINE ORPAILLAGE

D’AUTRES ARTICLES SUR L’ORPAILLAGE

Livres

Orpaillage et géologie:

  • Je vous recommande chaudement tous les livres du spécialiste et prospecteur italien Matteo Oberto, qui sont des références dans le domaine de la recherche aurifère, ce sont des ouvrages de très grande qualité! Vous pourrez tous les trouver ici, en langue anglaise ou italienne.
  • Le livre sur l’orpaillage de P. PROUST, datant de 1920, intitulé Prospection, gisements, extraction de l’or, des éditions Gauthier-Villars et Cie. Livre disponible ici.
  • Le livre français édité par le BRGM et écrit par Christian GUIOLLARD, et intitulé le Guide pratique du chercheur d’or en France, cet ouvrage est une référence. Il y a un large chapitre de cours sur l’or alluvionnaire. Je vous recommande tous les livres de cet auteur qui est aussi historien des mines d’or française. Livre disponible à l’achat sur le site de la Fnac.
  • Handbook of gold exploration and evaluation, écrit par Heoin H. Macdonald, disponible en PDF ici
  • L’excellent guide Larousse intitulé Quelle est cette roche? de l’auteurTom JACKSON. Disponible ici.
  • Roches et minéraux, des éditions SAEP, écrit par Hervé Jacquemin et Hervé Sider. Disponible ici.
  • Le livre intitulé Rock Identification Field Guide, de Patrick Nurre, des éditions Northwest Treasures Geology, publié en 2013. Disponible ici.
  • Un second livre de Patrick Nurre, intitulé Rock Identification Made Easy, des éditions Northwest Treasures Geology en 2014. Disponible ici.
Vidéos
  • Une vidéo de mon ami, Athos Hellgoth, dont je respecte considérablement pour son travail d’une grande qualité et diversité, un prospecteur Breton, très passionné, que je vous recommande, et qui partage tellement d’infos utiles! Pour qui peut voir! Une vidéo dans laquelle il réalise quelques recherches dans un dépôt de barre. Vidéo ici: https://youtu.be/KnL1bkXiCVU
  • Les dépôts de barre sont des endroits essentiels, pour y réaliser des recherches et des prospections aurifères. Je vous présente une autre vidéo de mon ami Athos Hellgoth, si généreux dans ses partages. Vidéo disponible ici, que je vous recommande: https://youtu.be/TzkGVtH5Z0Y
  • Réaliser des recherches dans des racines (miner moss naturel), dans un méandre intérieur convexe de cours d’eau, peut être bénéfique. C’est le cas dans cette vidéo du prospecteur breton Athos Hellgoth, qui présente des recherches intéressantes. Vidéo disponible ici: https://youtu.be/mpIWNQ4XyoM
* Qui cherche trouve!

NB. Pour des raisons évidentes de préservation des lieux sauvages et des biotopes, je ne divulguerai pas les localisations précises de mes recherches. Car je tiens à conserver en l’état et à l’abris des curieux, des touristes, des fâcheux, de vénaux ou des mercantiles ces endroits magnifiques et magiques.

Si vous orpaillez, rebouchez vos trous! Ne laissez aucune trace visible de votre passage!

Copyright Vivien Laïlle, Copyright Goldsnoop.com, mars 2021, droits réservés.

Crédits photos: Vivien Laïlle, mai 2021, droits réservés.

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