Un placier alluvionnaire à gros galets sur roche mère ardoisière, en Ariège

Une belle journée de prospection aurifère en plein milieu de la beauté sauvage et éternelle de la montagne et surtout en compagnie de mon amoureuse l’Orpailleuse Mystère, et oui, des femmes orpailleuses ça existe (et heureusement!) et puis autant associer romantisme et orpaillage (avec le coté aventure et western…).

C’est aussi un hommage que je souhaite lui rendre, car elle le mérite.

Aujourd’hui, nous avons décidé de visiter ensemble un nouvel endroit, de partager la recherche d’un nouveau type de placier ou de gisement typique: les gîtes aurifères à gros ou très gros galets.

Nous voulions briser la monotonie des placiers précédents (plages alluvionnaires de sables, graviers et galets), pour découvrir des nouveaux terrains différents, et explorer d’autres parties de la rivière que nous ne connaissions pas.

Nous avions constaté que de nombreux prospecteurs cherche de l’or dans des placiers à gros galets ou rochers, pour des raisons de densité, l’or est lourd ou si il y a des gros rochers lourds là-bas, dessous il doit y avoir de l’or, c’est de la physique élémentaire.

Nous avons donc décidé de vérifier cela par nous même, et avec une grande satisfaction.

Sommaire:

Auteurs: Vivien Laïlle & Christine Rives – Vivien.laille@gmail.com – +33(0)695343545

Date de publication: 24 aout 2019

Mots clefs: orpaillage, or, paillettes, paillettes d’or, or alluvionnaire, placier, Ariège, Couseran, France, prospection aurifère, bedrock, gros galets, rivière, mousses, sable noir, Pyrénées, Montagnes ariégeoises

Introduction

Lorsqu’on observe les récits d’orpailleurs ou les témoignages de prospecteurs, souvent, ils confient qu’ils trouvent le gros or dans les placiers à gros galets.

Et ce pour des raisons essentiellement physiques, en effet, l’or étant très dense et lourd, il a du mal a se déplacer dans la rivière, comme les gros rochers, ou les objets ferreux (fer, hématites,…), et ils ont tous les mêmes propriétés ; il est donc souvent recommandé par les prospecteurs de chercher dans ses endroits.

Aussi, l’enchevêtrement de galets, gros rochers, et gravier, va au fil du temps, via les crues successives, entrainer le lavage des matériaux, et la concentration des minéraux lourds entre et sous les rochers, sous la forme de sables noir ; ainsi, nous constatons la présence de beaucoup de sable noir argileux, fin et dense, collant.

Les premières impressions sont bonnes, visiblement, mais nous devons vérifier si il y a de l’or sous ses gros rochers, pour vérifier par nous même, mais aussi pour en avoir la certitude.

Photos des spécimens

Nous avons trouvé plusieurs paillettes d’or, de différentes formes et tailles.

Cela confirme les résultats précédents, quand au caractère aurifère de la rivière dans laquelle nous procédons aux études depuis ces dernières semaines.

Ci-après: 2 exemples de magnifiques spécimens de paillettes d’or trouvées durant cette session de prospection aurifère en Ariège, dans le Couseran.

Trouver de l’or sous forme de paillettes, c’est comme rechercher des exo-planètes dans l’espace, il y en a beaucoup, mais il faut beaucoup chercher pour en trouver, car disséminés dans la nature ; je pense aussi qu’il y a beaucoup de similitudes entre ces deux types de recherches, sur un plan statistique: si je trouve 1 paillette, il y a de fortes chances qu’il y en ai d’autres, sa présence seule et unique serait une aberration, et il en est de même avec les exo-planètes.

Ce constat est très rassurant, encourageant, et très enthousiasmant.

Matériel utilisé

Pendant cette session, comme nous étions 2 personnes, nous avons donc pu emporter plus de matériel pour travailler sur place:

  • 2 grandes serviettes pour s’assoir et être à l’aise pour travailler,
  • 1 marteau de géologue,
  • 1 barre à mine,
  • 1 pioche,
  • 1 tournevis,
  • 1 petit marteau,
  • Cuillères (grosse et petites),
  • 1 trousse kit spécial pour récurer,
  • 1 pan américain classique vert,
  • 1 pan américain XXL noir,
  • 1 spatule,
  • 1 brosse à dent,
  • 1 pipette,
  • Des flacons d’échantillons propres,
  • 1 microscope binoculaire de minéralogie.

Pour cette étude, nous n’avons pas utilisé de tamis, nous avons lavé tous les matériaux et pierres dans des pans directement.

Méthodologie de travail

La méthode a été la même pour les 2 zones de prélèvement, nous avons procédé ainsi:

  • Préalablement, lavage des pans,
  • Récurage et nettoyage des interstices autour des rochers et galets piégés,
  • Désassemblage individuel des rochers avec une barre à mine, tournevis ou petit marteau,
  • Mise à l’écart des rocher, gros galets, lavage et récupération dans le pan du matériel,
  • Récupération et récurage du contenu des interstices, entre les galets, et récupération dans le pan,
  • Une fois l’ensemble de la zone raclée, nous procédons aux lavages des pans,
  • Ensuite, après le lavage, le concentré de sable noir est isolé et prélevé avec une pipette,
  • Le contenu de cette pipette est ensuite remis dans un flacon propre,
  • Pour ensuite être ausculter au microscope binoculaire.

Pour ce travail, nous avions chacun un pan, pour chacun faire sa zone de prélèvement et travailler à son rythme.

La quiétude de l’environnement, les plantes, les animaux, le contact direct avec la rivière et les rochers sont toujours une source de bien être et d’inspirations, car ne l’oublions pas, l’orpaillage est avant tout un sport à la fois physique et mental, qui requiert de la concentration, de l’observation, de l’imagination et de la persévérance.

Récupération du fond du pan: le sable noir concentré, très fin, très ferreux, est récupéré avec une pipette pour un examen ultérieur au microscope binoculaire. C’est le meilleur moyen infaillible de bien identifier les paillettes qui parfois peuvent être très petites et invisibles à l’oeil nu! Aussi, nous préférons garder plus que trop en jeter, c’est à dire que nous prélevons tout le fond du pan, nous stoppons volontairement le processus de lavage au pan à un certain stade. Parfois, le fond de sable noir peut être tellement fin et dense, que les paillettes peuvent flotter dessus.

La dernière étape du lavage consiste à récupérer l’ensemble du concentré au fond du pan, avec une pipette ; nous préférons analyser le contenu tranquillement par la suite, et privilégier le nombre le prélèvements et de lavages sur le site.

L’Orpailleuse Mystère opère avec concentration et délicatesse, pour récupérer tout le sable noir présent dans le fond du pan. Elle a bien pris soin de débourber son pan, de malaxer le sable et les alluvions, et elle a pris le temps de bien laver un sable très argileux. Après plusieurs manipulations de lavages successifs grâce au pan, les minéraux lourds sont concentrés au fond de ce dernier, il est ainsi possible de les isoler et de les prélever avec une pipette. Ce qui a pris beaucoup de temps aussi, c’est de déchausser les grosses pierres et rochers, avec des barres à mine, des tournevis, des spatules. Il faut noter aussi que toutes les pierres ont été lavées et brossées soigneusement.

La session orpaillage ce jour là a duré une bonne après-midi, nous sommes rentrés au coucher du soleil, et très rapidement, nous avons voulu connaître les résultats de cette prospection.

Une dernière vue en cette fin de journée de prospection aurifère, qui a été en même temps une belle promenade et un beau moment de partages. L’Orpailleuse Mystère se sent à l’aise dans son placier alluvionnaire, suivant ses intuitions et instincts, elle sait qu’un sable noir d’une telle qualité, doit pouvoir contenir au moins quelques paillettes!

Site de prospection

En fait, c’est une terrasse avec un plateau de bedrock d’ardoise, sur celui-ci, il y a un amas de gros rochers empilés et enchevêtrés.

Ci-dessous: différentes photos de la zone de prospection aurifère, avec des gros rochers, des gros galets, de la mousse et de l’argile.

Zone de prélèvement n°1

Dans cette zone précise, la quantité de 2 pans américains classiques ont été lavés.

La zone a été creusée sur 40 cm de profondeur. Il a été procédé à un lavage méticuleux des cailloux et des blocs individuellement à la brosse et à la main.

Nettoyage des blocs et débourbage méticuleux. Détourage puis arrachage des blocs.

Les pierres ont été raclée, récurées, les interstices vidés, et tout le contenu récupéré soigneusement pour être lavé au pan.

Pour cela, nous avons utilisé entre autre les outils suivants: barre à mine, spatule, petit marteau, tournevis.

Cette zone de prélèvement a été choisi parce que les galets ressemblent à des riffles ou des failles, remplies, comme dans un sluice naturel, ils jouent le rôle d’obstacles dans lesquels les particules d’or ont de grandes probabilités d’y tomber.

En outre, cela ressemble à une sorte de marmite, avec les gros rochers autours, créant une sorte de récipient, il fallait essayer et chercher.

Résultats: zone n°1

Voici la première belle paillette d’or trouvée ce jour là pendant la prospection. Un petit grain d’or peut émoussé et peu érodé, peu roulé, signe révélateur d’un séjour court en rivière, ce grain ne doit pas venir de très loin du lieu de l’étude.
C’est un or anguleux, en grain, signe révélateur qu’il a été libéré de la roche mère plutôt récemment ; il n’a pas été beaucoup roulé et altéré par l’action mécanique des galets ou des graviers dans la rivière.
Un beau petit grain d’or, ressemblant à une sorte de patate, avec une surface rugueuse et irrégulière. La deuxième grosse paillette découverte c jour là, de 1 mm de long environ.

Ci-dessous: d’autres vues du grain d’or observé, en forme de patate.

En approfondissant les observations du contenu des concentrés de sables noirs, nous avons pu isoler d’autres petites paillettes d’or fin.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est P90825-1617581-1024x662.jpg.
D’autres paillettes d’or découvertes ce jour là, dans ce placier à gros galets et rochers.

Zone de prélèvement n°2

Pour ma part, j’ai travaillé une autre zone délimitée et précise, au beau milieu de la plate-forme de gros galets, j’ai décidé de chercher et de creuser sous une grosse pierre plate, sur 40 cm de profondeur environ.

Le sable est sombre, noir, très fin, lavé, très argileux, très collant, salissant, très odorant aussi, le milieu est très humique, chargé en racines et en mousses, proche d’une terrasse alluvionnaire.

Ci-dessous: la zone de prélèvement n°2, telle de présentée avant le travaille de fouilles. J’ai dégagé les gros rochers, graviers et galets, pour remplir un pan bien garni.

Ce type de placier est composé d’une succession de gros galets, gros rochers, imbriqués les uns dans les autres, le but est de les déchausser, de les nettoyer méticuleusement, d’extraire les graviers et sables, pour le laver au pan.

Dans cette opération, je n’ai pas réalisé de tamisage du matériel prélevé.

Résultats: zone n°2

Là aussi nous avons trouvé de l’or en paillettes, un résultat qui confirme le résultat de la première zone de prélèvement, c’est très encourageant.

Une belle paillette de 1.5 mm de diamètre environ, un parfait exemple d’or alluvionnaire ou détritique, c’est de l’or en grain aplati et roulé, écrasé par les mécanismes de la rivière. Au dessus, à droite, un mini grain d’or du même type.

Dans ce test, présence de 2 paillettes, une petite et une grosse, assez plates, en forme de flaques.

Vue détaillée au microscope binoculaire des 2 paillettes trouvées.

A ce jour, je dois encore revérifier la présence de paillettes supplémentaires dans les échantillons, je n’ai pas eu le temps de bien ausculter les concentrés.

Ci-dessous: d’autres trouvailles réalisées cet hiver dans les concentrés des sables noirs.

2 grains d’or fin, et 1 grain d’or gris de type électrum, alliage d’or et d’argent naturel.

Conclusions

Cette journée a été un excellent moment de partages et de découvertes, car c’est toujours plus sympa de faire de l’orpaillage avec son amoureuse qui sait apprécier cela, aussi par le fait d’avoir trouvé un nouveau site aurifère confirmé et avéré à explorer, enfin pour les belles paillettes d’or fin découvertes.

Car c’est aussi cela l’aventure, une simple rivière, des découvertes, et le fait de savoir que là-bas, il y a un peu d’or, le fait de connaître cette forme d’exclusivité sur certains mystères de la nature, que nuls autres ne sait, en fait un moment mémorable.

Nous reviendrons prochainement en ce lieu, dans cette rivière, pour faire d’autres essais et prélèvements, plus en profondeur, mais aussi pour en profiter et en savourer son caractère sauvage.

Références

Vidéos

  • Un cours en vidéo complet, en langue anglaise, sur les gros rochers et la présence d’or dans les rivières, du chercheur d’or américain Dan Hurd, une référence dans ce domaine. Cette leçon d’orpaillage est très recommandée pour les débutants, pour comprendre le rôle des gros rochers, et surtout pourquoi chercher ici. Lien chaine youtube ici: https://www.youtube.com/channel/UCOReOAYx8VDLwC0pOEcQD-g

Web

Livres

  • Je vous recommande aussi la lecture attentive du livre sur l’orpaillage de P. Proust, datant de 1920, intitulé Prospection, gisements, extraction de l’or, des éditions Gauthier-Villars et Cie. Livre disponible ici.
  • Le livre français édité par le BRGM et écrit par Christian Guiollard, et intitulé le Guide pratique du chercheur d’or en France, cet ouvrage est une référence. Il y a un large chapitre de cours sur l’or alluvionnaire. Je vous recommande tous les livres de cet auteur qui est aussi historien des mines d’or française. Livre disponible à l’achat sur le site de la Fnac.
* Les fouilles arrivent!

NB. Pour des raisons évidentes de préservation des lieux sauvages et des biotopes, je ne divulguerai pas les localisations précises de mes recherches. Car je tiens à conserver en l’état et à l’abris des curieux, des touristes, des fâcheux, de vénaux ou des mercantiles ces endroits magnifiques et magiques.

Si vous orpaillez, bouchez vos trous!

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