Cours d’orpaillage: Les types de gisements aurifères dans la nature

Bonjour à tous les amis,

Aujourd’hui est un jour spécial, c’est la première fois que la France entière est confinée en quarantaine, à cause du Coronavirus. Voulant promouvoir la Lumière plutôt que l’Obscurantisme, j’ai voulu rédiger cet article.

Une manière pour moi de contribuer modestement au bon moral de chacun, pour vous permettre de vous évader un peu de tout ce vacarme et morosité ambiante, surtout si vous êtes enfermés et seuls.

Après avoir expliqué les principes de base de la géochimie, de la mobilité et de la précipitation de l’or dans la nature, dans le but de vulgariser et de présenter au public certains secrets insoupçonné sur l’or.

Après avoir présenté les différentes formes de l’or dans la nature, ainsi que leurs interprétations possibles, pour faire prendre conscience que la recherche des gisements aurifères passe aussi par l’étude des formes des paillettes et des grains d’or trouvés sur le terrain.

J’ai voulu, pour être le plus complet, créer un nouvel article sur les différents modèles de gisements aurifères dans la nature, un sujet passionnant et essentiel pour n’importe quel prospecteur.

Souvenez-vous, mes amis, nous ne cherchons pas de l’or pour la fortune, mais pour connaître les secrets de la nature, et oui, cela prend du temps, il faut chercher, creuser, tester, échantillonner, observer…

Il faut être patient et opiniâtre. Surtout, il faut oser expérimenter et chercher et vérifier par soi-même!

Cependant, il faut savoir où chercher, et voici quelques pistes utiles pour les prospecteurs.

SOMMAIRE:

Ci-dessous: il est toujours très agréable de trouver un peu d’or au fond de son pan! Scène observée en Ariège, En France.

Résumé et concepts clèfs

Quelle joie de trouver des paillettes au fond de son pan, n’est ce pas les amis? Certains en trouvent d’autres pas. Certains ont de la patience, d’autres pas. et ce quelques soient les motivations de chacun.

Ci-dessous: des belles paillettes d’or alluvionnaire détritique du Couserans, en Ariège.

Les plus désespérés et déçus abandonnent vite, mais faut il rappeler que trouver de l’or, cela se mérite, et surtout, il est normal de ne pas en trouver systématiquement.

Même les plus grands orpailleurs et prospecteurs, dans leurs recherches, n’en trouve pas toujours, et cela est normal, sinon cela serait facile. Et surtout l’or ne serait pas rare, tout comme cette passion d’ailleurs.

Dans ce chapitre, y seront synthétisés les principaux gîtes aurifères dans le nature, c’est théorique, mais en pratique, cela vous sera utile, pour suivre certaines pistes plutôt que d’autres.

Cela permet aussi de comprendre l’or: sa génèse, pourquoi i est ici? Quelles sont les roches qui tendent à être prospectées?

Être un bon prospecteur, c’est avant tout bien connaître les types de roches existantes dans la nature, et surtout de bien apprendre à les identifier et en connaître les origines.

Oui, comme nous allons le voir après, certaines roches et certaines conditions géologiques tendent à ce qu’il y ai présence d’or en tel ou tel endroit.

L’or dans les granites

Dans le monde, les granites, gneiss, ou autres roches plutonique du même type, sont plutôt des roches anciennes et primitives.

File:Chaos granitique.jpg
Chaos granitique au sommet du puy de la Souche (commune de St Laurent de Muret, Lozère, France, altitude : 1295 m)

Il existe des centaines de types de granites ou granitoïdes dans la nature, c’est une matière première, notamment pour la construction et le monde artistique, mais ils ont aussi une utilisation et un rôle culturel très ancien (dolmens, menhirs, pierres ornementales, pierres sacrificielles, pierre d’églises,…).

C’est un matériau résistant très utilisé en construction, dallage, décoration, sculpture, sous l’appellation granit.

Je vous invite à lire un article intéressant sur l’altération du granite, qui complètera très bien la lecture de ce document.

Modelés granitiques (Bretagne). Ici le granite a une couleur rose ou orangée, souvent révélateur de présence d’oxydes de fer.

Le granite est une roche plutonique magmatique à texture grenue, riche en quartz, qui comporte plus de feldspath alcalin que de plagioclase.

Le granite et ses roches associées forment l’essentiel de la croûte continentale de la planète.

Fichier:Granit.jpg
Un bloc de granite. On distingue les différents cristaux qui constituent le granite. Il est caractérisé par sa constitution en minéraux : quartz, feldspaths potassiques (orthoses) et plagioclases, micas (biotite ou muscovite).

Le granite est le résultat du refroidissement lent, en profondeur, de grandes masses de magma intrusif qui formeront le plus souvent des plutons, ces derniers affleurant finalement par le jeu de l’érosion qui décape les roches sus-jacentes.

Ces magmas acides (c’est-à-dire relativement riches en silice) sont essentiellement le résultat de la fusion partielle de la croûte terrestre continentale.

Certains granites (plagiogranites) rencontrés en petits plutons dans la croûte océanique sont, quant à eux, le résultat de la différenciation ultime de magmas basiques.

Ses minéraux constitutifs sont principalement du quartz, des micas (biotite ou muscovite), des feldspaths potassiques (orthoses) et des plagioclases.

Ils peuvent contenir également de la hornblende, de la magnétite, du grenat, du zircon et de l’apatite.

On dénombre aujourd’hui plus de 500 couleurs de granite différentes.

Différents granites coupé et poli. Les granites sont un groupe d’une grande diversité de textures et de couleurs.
File:Fjæregranitt3.JPG
Un beau granit rose (vue coupe polie).

La présence des ces roches granitiques dans le cadre d’une prospection aurifère est un atout, surtout si celles-ci sont altérées ou oxydées ; elles méritent une attention particulière.

Auréoles de rouille (fer oxydé) dans un granite altéré.

Il est intéressant, voire recommandé, de faire quelques recherches et pans, à partir des matériaux oxydés et altérés ou réduits en poudre ou sables, au pied d’affleurements de roches granitiques de toutes sortes.

File:The Cheesewring.jpg
The Cheeswring, un tor de granit à l’extrémité sud de Bodmin Moor.

La famille des granitoïdes est très grande, citons quelques exemples concrets de roches remarquables:

  • Granite,
  • Gneiss,
  • Granodiorite,
  • Pegmatite granitique.
File:Yosemite 20 bg 090404.jpg
Un bloc de granite célèbre: le Yosemite, aux USA.

Le métamorphisme

Le métamorphisme désigne l’ensemble des transformations subies par une roche (sédimentaire, magmatique ou métamorphique) sous l’effet de modifications des conditions de température, de pression, de la nature des fluides et, parfois, de la composition chimique de la roche.

Exemple de bloc de marbre d’Ariège, sorti d’une carrière.

Ces transformations, qui peuvent être minéralogiques, texturales, chimiques ou encore structurales, amènent à une réorganisation des éléments dans la roche et à une recristallisation des minéraux à l’état solide.

File:Metamorphism P-T diagram.svg
Diagramme pression-température (P-T) dans le métamorphisme. Domaines de stabilité de minéraux repères (chlorite, plagioclase, biotite, grenat, andalousite, disthène et sillimanite).
Grille pression température des faciès métamorphiques.
Un métamorphisme croissant entraine la formation de roches spécifiques, avec une certaine apparence. Le gneiss par exemple, a subit plus de contraintes mécaniques ou chimiques que l’ardoise.
Voici les minéraux communs de la famille des roches métamorphiques. Ce sont des indices importants à considérer dans le cadre de la prospection aurifère: le talc, la chlorite, l’épidote, le grenat, l’actinolite, la serpentine, la crysolite, la storolite, le corindon.
File:Gneiss.jpg
Le gneiss ressemble à un granite métamorphisé, ayant subit des contraintes de pression et de chaleur. Cela explique les pliures et les couches successives étirées. De grandes forces mécaniques sont nécessaire pour obtenir ce rendu final, grâce à la dérive des continents et la tectonique des plaques.
File:Marbre décoratif Nice (France) 02.jpg
Parement de marbre décoratif , dans un bâtiment abritant des toilettes publiques à Nice, Provence-Alpes-Côte d’Azur, France. Les marbres sont des roches métamorphiques, et il en existe de toutes sortes, textures et couleurs dans le monde.
Fitxer:Amphibolite Geopark Prague 2014 1.jpg
Amphibolite de roche du géoparc dans les jardins botaniques de l’Université Charles, Prague, République tchèque.
Le schiste noir ou ardoise est aussi une roche métamorphique, qui a subi pression et chaleur. Elle renferme un filon de pyrite de fer et de chalcopyrite. Spécimen découvert en Ariège.

L’hydrothermalisme

L’hydrothermalisme se rapporte à la circulation souterraine d’une eau chaude, chargée en minéraux dissous.

C’est un moteur essentiel de la mobilité des métaux, dont l’or, au sein d’un sytème géologique.

Le complexe filonien regroupe plusieurs filons hydrothermaux qui communiquent plus ou moins entre eux.

Cette circulation, favorisée par une source de chaleur en provenance du centre de la Terre, se déroule souvent dans des filons en zone volcanique, non loin d’une chambre magmatique, ou en zone plutonique (génération de fluides hydrothermaux à la fin ou après la cristallisation d’un pluton).

Le métamorphisme dissout les minéraux présents dans les roches traversées. Ces minéraux peuvent précipiter ailleurs. Cela est à l’origine de nombreux types de minerais (minerais d’or, cuivre, barytine…).

File:Hydrothermal Breccia.jpg
Brèche hydrothermale à la mine de fer de Cloghleagh, comté de Wicklow, Irlande.

Les roches aurifères

Un article a été récemment publié présentant différents types de roches aurifères découvertes en France par des prospecteurs passionnés, et qui sera d’ailleurs complété à l’avenir.

Un article sur du grès oxydé aurifère de l’Ariège, issu d’une recherche faite en 2019.

Un autre article sur une trouvaille faite dans de l’ardoise concassée et broyée.

Les gîtes aurifères

Les berceaux des minéralisations métallifères pouvant contenir de l’or:

  • les roches de type greenstones (pierres vertes) qui sont des roches basiques qui l’altèrent rapidement pendant le processus de weathering,
  • gabbros,
  • diabase,
  • trachyte,
  • diorites,
  • dolérites,
  • quartzites,
  • ophites,
  • porphyres.

Ces roches altérées et oxydées doivent être recherchées par les prospecteurs en priorité ; ce sont des indicateurs fiables de présence d’or dans la nature.

Il existe différentes familles de gisements aurifères:

  • Primaire: tel que la nature les a produit, comme par exemple la pyrite, la chalcopyrite, l’arsénopyrite.
  • Secondaire: avec des produits altérés et oxydés de types: oxydes, carbonates, sulfates,
  • Alluvionnaire: composés de débris de roches, de sables, de graviers, de galets, à causes mécanismes d’érosion et de weathering, ils occupent en général les rivières, fleuves, ou rivières fossiles.

La silice

On trouve de l’or sous une forme précipitée ou cristalline intimement lié à une pâte de silice, comme fondue avec elle, ou encore à l’état verni, grain, colloïdal, ou invisible à l’oeil nu.

Les sulfures et arsénio-sulfures

On trouve de l’or dans les quartz ou les roches pyriteuses et aussi dans les conglomérats de ces roches, et dans les alluvions sous-produits de ces roches altérées ou oxydées.

De la décomposition des sulfures ou des arsénio-sulfures, on y trouve de l’or dans les alvéoles de quartz, d’où les composés sulfurés on été dissous, laissant vide la roche, la cavité qui peut se remplir d’or plus ou moins cristallisé.

Un cube de pyrite (sulfure de fer) s’est dissous avec l’eau et les intempéries. La pyrite de fer s’est oxydée et diluée en solution aqueuse via l’acide sulfurique formé, qui va s’exporter et migrer loin de la roche hôte encaissante, laissant de l’or derrière, en cristaux ou en grains. Un bel exemple de weathering avec un phénomène de précipitation de l’or, pour finalement laisser de l’or apparent et visible (petits grains et cristaux jaunes). 

Pour résumer, les prospecteurs d’or vont chercher en priorité:

  • les roches altérées contenant du quartz,
  • les roches métamorphiques altérées et oxydées,
  • les schistes talqueux ou argileux,
  • les roches dioritiques,
  • les grès ferreux ou métallifères,
  • les meulières,
  • les breccia et conglomérats.

Une autre règle empirique avérée et peu connue: la teneur en or d’un site aurifère est directement proportionnelle à la richesse en pyrites de fer et de cuivre (plus largement des sulfures.

Comme l’or a une très grande affinité avec le fer, les zones rouges, oxydées, graviers ferrugineux, ocres, les sables rouges, ou les argiles sanguines sont souvent aurifères et méritent explorations et recherches.

Les filons aurifères

Les filons se situent en général au contact des roches granitiques ou en rapport avec de la diorite.

L’or de ses filons métallifères est associé en général à d’autres métaux, comme l’argent, le cuivre, l’étain, le tungsten, l’arsenic.

Il peut y avoir des filons aurifères dans des granites ou encaissant d’autres granites, suite à une mise en mouvement, dissolution ou un transport (érosion et weathering).

GRANITES/GNEISS + DIORITES = ZONE AURIFERE

Les diorites en contact avec du schiste métamorphique peuvent aussi être aurifères.

DIORITES + SCHISTES = ZONE AURIFERE

L’or est aussi présent dans les trachytes pyriteuses, ou la roche encaissante est la trachyte ; le filon traversant est quartzeux.

QUARTZ + TRACHYTES PYRITEUSES = ZONE AURIFERE

L’or est a tendance à être logé dans les filons ou gangues quartzeuses, et sans sulfure, ou sans sulfures complexes, à l’état natif, dans les quartz fumés, quartz ocres, quartz jaunes, quartz bleus, quartz gris, quartz blanc.

Plus le quartz contient des impuretés des des oxydes, et plus il est altéré, plus son potentiel aurifère mérite d’être testé. Il faut choisir les quartz les plus tendre et les moins durs, les plus oxydés et altérés, qui sont normalement les plus aurifères. Les quartz bien blanc sont stériles, ils doivent contenir des impuretés pour y avoir de l’or.

QUARTZ COLORES AVEC IMPURETES = ZONE AURIFERE

L’or y est très fin, très petit, ou en petits grains, et enrobé d’une pâte de silice ou de ciment siliceux, comme on pourrait le trouver avec certaines breccia ou certains conglomérats, plus ou moins vitrifié ou farineux, et plus ou moins métallifère. Dans laquelle la silice peut être plus ou moins tendre et friable. Il peut se trouver dans des petites cavités creuses dans du quartz.

BRECCIA (BRECHES) / CONGLOMERATS = ZONE AURIFERE

La pyrite présente dans le quartz est dissous lorsqu’il est oxydé, sous la forme d’acide sulfurique aqueux, créant ainsi des cavités. Ayant laissé de leur présence une poudre rouge ocre oxydée de limonite ou d’oxyde ferrique. Si la pyrite disparaît, les quartz sont alors sillonnés de rayures ocres et rouillées.

QUARTZ + PYRITE = ZONE AURIFERE

Les filons composés de sulfures métalliques sont souvent aurifères, surtout en présence de quartz.

PYRITE DE FER + CHALCOPYRITE + GALENE + QUARTZ = ZONE AURIFERE

Les filons aurifères de gisements de fer, de pyrite de fer (sulfure de fer), et de sulfate de fer.

PYRITE DE FER / GISEMENT DE FER = ZONE AURIFERE

Dans les stockwerk et les dykes, dans certaines conditions, on y trouve de l’or.

STOCKWERK = ZONE AURIFERE

DYKE + ROCHE TERREUSE NOIRRE + AMPHIBOLE = ZONE AURIFERE

Les minerais aurifères

L’or est souvent associé aux gisements de minerais sulfurés suivants:

  • Pyrite,
  • Pyrrhotite,
  • Arsénopyrite,
  • Chalcopyrite,
  • Blende,
  • Galène (souvent argentifère).

Il est souvent un sous-produit de l’exploitation des éléments métalliques suivant: cuivre, nickel, plomb, zinc, argent, mercure, fer, arsenic.

Ci-dessous: des nodules de pyrite (sulfure de fer), très oxydés, et qui sont des indicateurs utiles dans le cadre de la prospection aurifère, d’ailleurs, la rivière est aurifère. Photos publiées avec l’aimable autorisation du chercheur d’or Jérôme Gemme, basé au Québec.

Il existe des minerais, qui par définition, contiennent de l’or, comme par exemple:

  • Aurostibite ou antimonide de formule chimique AuSb2,
  • Sélenide d’or argentifère, la fischerserite dont la formule est Ag3AuSe2,
  • Sulfure d’or argentifère, la uytenbogardite de formule Ag3AuS2,
  • Bismutide ou maldonite de formule Au2Bi,
  • Tellurides d’or et d’argent comme la sylvinite, calaverite, petzite, krennerite et nagyagite.
File:Aurostibite.jpg
L’aurostibite est un minéral rare de chimie simple, car il s’agit d’un antimonide d’or, AuSb2. Il se produit dans ce spécimen sous forme d’agrégats de cristaux argentés dispersés sur le spécimen. De: Krásná Hora Nad Vltavou, Bohême, République tchèque.

Les dépôts aurifères de types carbonatites

Les carbonatites sont des roches ignées – elles sont composées de minéraux carbonatés, généralement de la calcite (CaCO3 – carbonate de calcium).

Les carbonatites sont essentiellement des calcaires ignés.

File:Calciocarbonatite dikes (Firesand River Carbonatite Complex, Mesoproterozoic, 1.078 Ga; Wawa Lake East roadcut, northeast of Wawa, Ontario, Canada) 4 (47933940011).jpg
Digues de calciocarbonatite (complexe de carbonatite de la rivière Firesand, mésoprotérozoïque, 1,078 Ga; coupe de route du lac Wawa Est, au nord-est de Wawa, Ontario, Canada).

La carbonatite est une lave qui contient au moins 50 % de carbonates. Les magmas carbonatiques sont très pauvres en silice et riches en carbonates. Ils sont extrêmement fluides à relativement faible température (environ 500 à 550 °C).

File:Lava lengai.jpg
Coulées de lave de carbonatite, refroidies.

Les laves carbonatiques jaillissent noires (rougeoyantes lorsque la luminosité baisse) et blanchissent très vite une fois refroidies, les minéraux s’altérant avec l’humidité atmosphérique. Les carbonates présents sont le carbonate de calcium (calcite), le carbonate de calcium et de magnésium (dolomite), le carbonate de fer (sidérite) et les carbonates de sodium et de potassium (nyerereite et gregoryite).

File:Nomenclatura carbonatiti su base chimica.jpg
Nomenclature des carbonatites sur base chimique.

Les quatre catégories de carbonatites sont:

  1. calciocarbonatite (dominée par la calcite),
  2. magnésiocarbonatite (dominée par la dolomite),
  3. ferrocarbonatite (dominée par la sidérite),
  4. natrocarbonatite (dominée par le carbonate de sodium).
File:Magnesiocarbonatite from British Columbia in Canada.jpg
Magnésiocarbonatite du complexe de carbonatite Verity-Paradise de la Colombie-Britannique, Canada. Cette roche mesure 74 millimètres de diamètre au maximum.
File:Ankeritic carbonatite (Chilwa Alkaline Province, Early Cretaceous, 126 Ma; Chilwa Island, Lake Chilwa, Malawi, southeastern Africa) 1 (25833642803).jpg
Carbonatite ankéritique du Crétacé du Malawi, Afrique. (~ 6,8 cm de diamètre au maximum)

Ferrocarbonatite (Complexe de la rivière des glaces, Mississippien inférieur, ~ 356 Ma; intrusion de la rivière des Glaces, sud-est de la Colombie-Britannique, Canada)

La majorité des carbonatites sont réparties en zones suivant un modèle circulaire.

La phase d’hydrothermalisme tardive est marquée par la minéralisation des sulfures qui occupent des parties récemment fracturées dans des roches différentes.

Des sulfures composant des carbonatites, principalement la pyrite, chalcopyrite, pyrrhotite, molybdenite, sont dispersés ou disséminés, largement distribué dans les fenites et rochers de tous types.

C’est la phase de minéralisation et d’oxydation des carbonatites en sulfures qui enrichissent l’or et l’argent.

C’est le cas de la galène, tétraèdrite, pyrite, pyrrhotite, molybdenite, chalcopyrite, arsenopyrite, et différents sulfures de cuivre.

L’action se déroule en 2 phases:

  1. L’altération et la décomposition des carbonatites aurifères, sous l’action du weathering et de l’érosion, va entrainer la création de sulfures métalliques (aurifères),
  2. puis dans un second temps, ces sulfures vont être oxydés et altérés, libérant de l’acide sulfurique aqueux, et libérant, précipitant ou mobilisant l’or.

CARBONATITES + WEATHERING/METAMORPHISME => SULFURES

puis:

SULFURES + WEATHERING/OXYDATION => LIBERATION DE L’OR

Il faut considérer, tout comme le QUARTZ ou la TOURMALINE, que la CALCITE et l’ANKERITE sont des indices importants pour la recherche et l’identification de gisements métallifères et aurifères de ce type, dans le cadre de la prospection.

File:Carbonatite from Phalabowra in South Africa.jpg
Calciocarbonatite du complexe de Phalabowra en Afrique du Sud. Cette roche est faite de calcite mais elle contient également des minéraux de fer et de cuivre. Le minéral gris blanchâtre est la calcite, le minéral or-cuivré est la chalcopyrite, le minéral noir est la magnétite et le minéral bleuâtre est la bornite. Cette roche mesure 86 millimètres de diamètre à sa base. Il s’agit d’une mine de cuivre sur le Loolekop Pipe. Cette roche est d’âge du Paléoprotérozoïque moyen (2,06 milliards d’années).

D’autres spécimens de roches ignées de type carbonatites:

Les skarns aurifères

Le skarn est une roche calcaro-silicatée résultant de la transformation de carbonates au contact d’une intrusion magmatique.

File:Skarn Alta Stock.jpg
Échantillon de skarn contenant de la serpentinite à partir du bord de l’Alta Stock, Little Cottonwood Canyon, Utah. Recueilli en 1997. La barre d’échelle mesure 1 cm.

Il peut provenir d’un métamorphisme régional ou de contact, et peut comporter une grande variété de minéraux, en fonction de ceux présents dans le protolite calcaire ou dolomitique d’une part, et le pluton intrusif (en général granitique) de l’autre. On trouve pour une même signification le mot tactite, répandu surtout aux États-Unis.

« Skarn » est lui-même un mot issu de vocabulaire minier du vieux suédois et désignait originellement des couches archéennes présentes dans un district minier de Suède et ne ressemblant pas aux carbonates archéens habituels pour ce niveau de strates.

Les skarns sont composés de minéraux de silicate de calcium-fer-magnésium-manganèse-aluminium.

Skarn avec fluorite hydrotermique (grenat violet, bleu et clair) et diopside de la mine de quartz “Stanisław” dans la Izerskie Garby près de Szklarska Poręba, Izerskie Mountains, Basse Silésie, Pologne.

L’or est un composant fréquent des dépôts de skarn, il est l’un des sous-produits d’exploitation du cuivre, plomb, zinc et argent.

Les dépôts et enrichissements aurifères se produisent dans les terrains métamorphisés, et contenant des carbonates, surtout s’il y a des injections de granites.

Les indices de ces types de dépôts contiennent des éléments de type: Fe, S, Cu, Ag, Zn, Pb, Mo, Tu, As, Bi et Te.

La majorité des dépôts de skarns se produisent dans les terrains hautement métamorphisés.

Ils renferment une suite caractéristique de silicates ferreux, magnésien ou calcium ; mais aussi des sulfures.

L’or y est présent à l’état natif, mais aussi sous la forme de tellurides.

Dans les skarns, il y a souvent une correlation importante entre les éléments Cu <=>Au.

La majorité des dépôts aurifères de skarns dans le monde travaillés pour l’or, contiennent de la pyrite et de l’arsenopyrite.

L’or a tendance à y être précipité tardivement, durant le processus de minéralisation.

Le tungsten est un élément de trace commun dans les skarns aurifères, durant la phase de skarnification.

Il existe une corrélation négative entre le tungsten et l’or.

Il existe une corrélation positive entre l’or et l’argent dans les gîtes de type skarns: Au <=> Ag

CARBONATES (SKARNS) + DIORITES/GRANITES/GRANODIORITES => SKARNS AURIFERES

Exemples de dépôts de skarns:

  • les dépôts de pyrite et d’arsénopyrite dans les skarns développés dans les calcaires du Trias,
  • les mines de minerais de plomb, zinc, avec la galène argentifère et la blende.

Les gisements métallifères de skarn sont économiquement précieux en tant que sources de métaux tels que: l’étain, le tungstène, le manganèse, le cuivre, l’or, le zinc, le plomb, le nickel, le molybdène et le fer.

Ces types de dépôts sont assez répandu dans le monde.

Dépôts de skarn de Fe (Cu, Ag, Au)

Le cadre tectonique pour les skarns calciques Fe a tendance à être les arcs insulaires océaniques.

Les roches hôtes ont tendance à être des gabbros à syénite associés à du calcaire intrusif. Le cadre tectonique pour les skarns de magnésium Fe tend à être la marge continentale.

Les roches hôtes ont tendance à être de granodiorite à granite associées à des intrusions de dolomite et de roches sédimentaires dolomitiques.

La magnétite est le principal minerai de ces types de gisements de skarn dont la teneur donne de 40 à 60%.

La chalcopyrite, la bornite et la pyrite sont les minerais mineurs.

Dépôts de skarn de Cu (Au, Ag, Mo, W)

Le cadre tectonique des gisements de Cu a tendance à être les plutons de type andin pénétrant les anciennes couches de carbonate à marge continentale.

Les roches hôtes ont tendance à être de la diorite et de la granodiorite à quartz.

La pyrite, la chalcopyrite et la magnétite se trouvent généralement en abondance plus élevée.

File:Ca-Fe Skarn.jpg
Échantillon à la main d’un wollastonite, andradite, skarn diopside avec des traces de bornite, chalcocite, chalcopyrite et molybednite. L’échantillon provient de la mine Copper King située dans la ceinture de cuivre de Whitehorse, Yukon, Canada.

Les types généraux de dépôts aurifères

Les dépôts métallifères et minéralisés

Les minéralisations de dépôts aurifères se caractérisent en général par la présence:

  • de quartz,
  • de minéraux carbonatés,
  • de sulfures (pyrites, blende, galène, chalcopyrite, arsénopyrite),
  • de fer aussi dans de nombreux cas.

L’or y est présent à l’état natif ou sous la forme de tellurides, mais aussi des les roches anciennes datant du Précambrien, et altérées (chloritisation, pyritisation, propylisation, silicification).

Mais cela est aussi valable au sein de roches plus jeunes et subissant l’oxydation et le weathering, plus rarement, c’est la raison pour laquelle il ne faut donc pas être trop sélectif, et faire des essais sans trop de ségrégation.

En effet, l’or peut être parfois à des endroits imprévus et auxquels on ne s’y attend pas.

Les éléments qui se concentrent dans les dépôts aurifères anciens sont en général: Cu, Ag, Zn, Cd, Hg, B, Ti, Pb, As, Sb, Bi, V, Se, S, Mo Fe, CO2, SiO2.

Dans les dépôts aurifère plus jeunes, par contre, on y trouvera plutôt: Ba, Sr, U, Th, Sn, Cr, Ni, Hg, Sb.

Le ratio Ag/Au est en général >1 dans le Précambrien et <1 Tertiaire et plus jeune/récent.

Les dépôts peuvent être disséminés dans les pierres vertes du Précambrien.

Les veines aurifères, filons, failles, fractures, discontinuités

Voici des endroits où l’or a tendance à s’y trouver dans la nature:

  • Les veines aurifères,
  • les filons,
  • les zones planes,
  • dans les failles,
  • les fractures,
  • les discontinuité,
  • des lits,
  • cisaillement,
  • les zones écrasées et ouverte sur anticlinaux développés dans les terrains sédimentaire,
  • les corps de remplacement tabulaires et irrégulier disposés proches des failles,
  • dans les lits chimiquement notables et favorables.
File:Hornfels.jpg
Cornéenne (ou hornfels) à aspect rubané ayant conservé les structures des lits sédimentaires (grès et siltstones), engendrée par un métamorphisme de contact entre le magma granitique et les roches sédimentaires encaissantes.

Diverses séquences géologiques remarquables méritent aussi une attention particulière, de la part du prospecteur:

SCHISTES/GRES/GREYWACKE

principalement ayant pour origine des moraines anciennes, des complexes rocheux pliés et métamorphisés avec du granit et des granitoïdes.

GRANITES ALTERES OXYDES + METAMORPHISME

Ils forment des territoires étendus d’ardoises, quartzites, greywacke, ainsi que leur équivalents métamorphiques.

Souvent, il y a à proximité de la kyanite, de l’andalousite, cordérite, quartz, micaschiste, et hornfels.

ARDOISES/ARGILITES/QUARTZITES/GREYWACKES/QUARTZ/MICASCHISTES/HORNFELS

Le greywacke ou flych ardoisier est un indicateur fiable de l’érosion précosse des chaines de montagne, ce sont des produits altérés datant du Dévonien, Paléozoïque, Protozoïque ou Archéen.

ARDOISES + GREYWACKE (Flych ardoisier)

Les principaux minéraux composant la gangue de dans ces dépôts est le quartz, feldspath, mica, chlorite, rutile, pyrite, arsenopyrite, tungsten, galène, chalcopyrite, sphalérite, pyrrhotite, molybdenite, bismuth, stibnite, calcite, ankérite.

En général dans ces types de dépôts aurifères, le ratio Ag/Au > 1.

Les éléments chimiques principaux composant ces types de gisements sont: Cu, Ag, Mg, Ca, Zn, Cd, B, Si, Pb, As, Sb, S, Mn, Fe.

Ces types de dépôts datent en général du Paléozoïque et sont très répandus dans le monde.

Au Québec: des schistes de type ardoises, riches en pyrite et aurifère. ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/
Au Québec: un autre exemple d’ardoises aurifère. ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/

Les autres types de dépôts aurifères

Il existe dans la nature d’autres gisements pouvant contenir de l’or, c’est la cas aussi:

  • des dépôts Précambrien (archéen),
  • dans les terrains Silurien/Ordovicien, car cette période est est occupée par des mers anoxyques propices aux concentration chimiques, l’or et d’autres métaux vont y précipiter et se concentrer,
  • dans les anciens terrains volcaniques du jurassique et du tertiaire,
  • dans certains dépôts de piedmont quaternaires.

Il existe aussi existe aussi des stocks de dépôts d’or et d’argent disséminés dans les anciennes coulées volcaniques et aussi dans les roches volcano clastiques, mais aussi dans les corps éruptifs ou les stockworks. Bouchons, stocks éruptifs, dykes, siles intrusives.

Enfin, on trouve de l’or disséminé dans les roches volcano-clastiques, associées à des lits sédimentaires anciens fossilisés et pétrifiés.

Les rhyolites, andésites, basaltes et roches volcano-clastiques

Certains sites aurifères sont des zones volcaniques très anciennes, c’est le cas par exemple de la chaîne des Puys du Massif Central, de l’Auvergne, du Cantal, Massif du Cézallier, Massif de l’Aubrac, des Monts du Velay, Monts Dore. Voir la liste complète ici. Même en Bretagne, il y a eu d’anciens volcans, dont on retrouve des traces géologiques.

File:Volcanoes in Auvergne France 01.jpg
Les anciens volcans d’Auvergne, Massif Central, vestiges d’un passé géologique “rock and roll” et mouvementé, riches en coulées de laves et en explosions pyroclastiques.

Toutes les anciennes roches volcaniques altérées, et subissant les processus d’érosion et de weathering, méritent une attention particulière dans la recherche de l’or.

La famille des roches volcanique est très vaste et variée:

  • andésite,
  • basalte,
  • carbonatite,
  • dacite,
  • ignimbrite,
  • obsidienne,
  • phonolite,
  • ponce,
  • rhyolite,
  • trachyte,
  • tuf volcanique.

Ce sont essentiellement des zones d’altérations de roches volcaniques anciennes, par différents processus chimiques:

  • silicification,
  • séricitisation,
  • épidotisation,
  • argilisation,
  • alunisation,
  • pyritisation,
  • carbonatisation,
  • propylitisation.

Ces altérations affectent les roches volcaniques anciennes qui changent d’aspect et deviennent blanchis et délavés.

Les endroits riches en alunite, quartz et sulfures sont des endroits prometteurs à étudier pour les prospecteurs:

QUARTZ + ALUNITE + PYRITE = ZONE AURIFERE

par extension:

QUARTZ + ALUNITE + SULFURES = ZONE AURIFERE

SULFURES: pyrite, blende, galène, chalcopyrite, arsénopyrite,

Alunite - USGS Mineral Specimens 015.jpg
Alunite, Provo, Utah, USA.

Les roches volcaniques renferment de nombreux éléments comme par exemple: S, Ba, B, Hg, Sb, As, Pb, Zn, W, Mo, Se, Te, Ag.

Dans ces types de dépôts aurifères, le ratio Ag/Au est variable mais en général <1.

Les dépôts d’or et d’argent disséminés dans les roches volcano-clastiques et les lits sédimentaires:

  • dans les roches volcaniques tuffeaux et les formations de fer dans les terrains volcaniques et sédimentaires, datant en général du Précambrien,
  • par infiltrations étendues ou favorables au remplacements chimiques, en particulier les roches carbonates ou les petites carbonatées.

Il peut apparaître dans des roches de tout âge, voir même plus récents, comme par exemple dans les roches vertes de l’Archéen, dans les tuffeaux Archéens, et dans les autres roches volcano-clastiques et dans les formations de fer, dans les terrains volcaniques et sédimentaires.

Ces types de dépôts peuvent être très aurifères, et méritent une étude particulière.

Ils présentent un enrichissement métallifère: Ba, Sr, Hg, Sn, U, Mo, W, Ca, Ni pour les moins communs ; contrairement aux plus fréquents qui accumulent: Cu, Ag, Zn, Cd, B, Pb, As, Sb, Bi, Te, S.

L’or y est présent sous état natif, en particules finement divisées, mélangé souvent à des sulfures et à de l’arsenic.

Les dépôts aurifères dans le fer

Les veines de quartz et les stockwerks traversant les formations de fer, sont des endroits à privilégier.

Aussi, les endroits très oxydés, les eaux ferrugineuses, sont des endroits très intéressants à prospecter, si vous pouvez le faire.

Géochimie, mobilisation et précipitation de l’or dans les cycles d’érosions
Au Québec: un exemple de ruisseau ferrugineux de couleur orange, signe de présence de fer. Ces types d’endroits sont des lieux très propices à précipitation de l’or dans la nature. Ce sont des lieux qui méritent une attention particulière dans le cadre de la prospection aurifère. C’est un très bel endroit et une photo magnifique! ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/
Géochimie, mobilisation et précipitation de l’or dans les cycles d’érosions
Les eaux ferrugineuses très oxydées sont des indices essentiels qui tendent à faire quelques recherches. Les eaux aqueuses d’oxyde ferriques ocres et rouges favorisent la précipitation de l’or dans la nature. Photographie prise au Québec. ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/
Géochimie, mobilisation et précipitation de l’or dans les cycles d’érosions
Au Québec: un autre exemple de ruisseau ferrugineux, dans lequel on y trouve de l’or précipité. Notez que très souvent ce sont des eaux stagnantes ou à très faible courant. ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/
Géochimie, mobilisation et précipitation de l’or dans les cycles d’érosions
Au Québec: un gisement aurifère avéré au sein d’une petite rivière avec de l’eau ferrugineuse, riche en oxydes ferriques. Le fer a tendance à faire précipiter l’or, il faut donc suivre le fer, en tant que prospecteur. ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/
Géochimie, mobilisation et précipitation de l’or dans les cycles d’érosions
Un chercheur d’or basé au Québec, Jérôme Gemme, est entrain d’observer les substrats alluvionnaires d’un placier de type ferrugineux. En lavant les sables métallifère, il y a trouvé de l’or précipité. ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/
Géochimie, mobilisation et précipitation de l’or dans les cycles d’érosions
Au Québec: un bel exemple de mine d’or aurifère ancienne et abandonnée, avec une source d’eau ferrugineuse. ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/

Ils sont souvent associés à du quartz, des pyrites de la pyrrhotite et de l’arsenopyrite.

Dans les gisements de fer, l’or y est souvent présent à l’état natif, ou en portions finement divisées, ou colloïdal.

Il est aussi très présent dans les greenstone archéen.

Dans les dépôts par infiltrations étendues et remplacements chimiques:

  • dans les calcaires dolomitiques,
  • dans les pélites,
  • dans les roches psammites,
  • dans les roches carbonatées,
  • dans les granites, gneiss et autre granitoïdes,
  • dans des dykes,
  • dans les siles porphyriques,
  • dans les grès poreux oxydés et métallifères,
  • dans les endroits où de déroulent des phénomènes de silification, argilification, pyritisation, et arsénopyritisation.

En général, dans ces types de dépôts, il y a enrichissement et introduction de minéralisation: Au, Ag, Hg, Ti, B, Sb As, Se, Te.

Parmi les dépôts métallifères ferreux remarquables contenant de l’or, on peut aussi citer les BIF ou gisements de fer rubanés.

File:Black-band ironstone (aka).jpg
Cette image montre une roche vieille de 2,1 milliards d’années contenant de la pierre de fer rubané noires. La roche pèse environ 8,5 tonnes et mesure environ deux mètres de haut, trois mètres de large et un mètre d’épaisseur. Il a été trouvé en Amérique du Nord et appartient au Musée national de minéralogie et de géologie de Dresde, en Allemagne.

Il en est de même pour les ocres, fer peroxydé, fer hydroxydé, carbonates de fer, hématites, magnétites, terres rouillées et terres rouges oxydées ou noires.

En France: hématites au fond du pan = très bon signe. La preuve, il y a des paillettes d’or au fond du pan en arrière plan! Scène observée en Bretagne. ©Athos Hellgoth
Géochimie, mobilisation et précipitation de l’or dans les cycles d’érosions
Au Québec: un exemple de placier aurifère, de type ancien lit de rivière fossile, très oxydé, et doté d’argiles aurifères. Ces types d’endroits sont à tester dans le cadre de la prospection. ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/
En France: de la terre rouge ocre très oxydée, et contenant des paillettes d’or fin, une fois lavé au pan. La recherche se justifie ici par la présence de galets roulés et de quartz colorés de différentes tailles. ©Athos Hellgoth
Au Québec: de l’argile ou glaise ferreuse et aurifère. Les argiles bleues méritent souvent une étude attentive, dans le cadre de la prospection aurifère. On peut trouver l’équivalent en France, en pleins d’endroits. ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/
Au Québec: un nodule d’oxyde de fer aurifère, enclavé dans une roche encaissante. ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/
Image illustrative de l’article Magnétite
Group de cristaux de magnétite rhombododécahedrals avec Cristaux de pyrite octahédriques.
Des cristaux de sulfures de fer, au fond d’un pan, après lavage d’une poudre de roche broyée de type conglomérat siluro/ordovicien, en Ariège. La pyrite est un minerai de fer notable.

Ci-dessous: du grès du quaternaire, oxydé et très riche en fer, de couleur ocre, orange et noir, et qui est aurifère. Une fois broyé et réduit en poudre, puis lavé au pan américain, il révèle la présence de paillettes d’or.

Un pilon permet de réduire la roche en poudre, qui sera ensuite tamisée, puis placée dans un récipient. Cette poudre de roche tamisé fin sera ensuite lavé au pan à l’eau, pour en concentrer les particules lourdes et les ausculter.

Voici des exemples de paillettes trouvées dans ce type de roche ferrugineuse:

Les conglomérats ou brèches aurifères

Les conglomérats et les breccia (brèches) sont en général et plus grand, et les productifs des dépôts aurifères dans la nature ; en effet ils produisent plus de 50% de la production aurifère mondiale.

Il en existe de différentes sortes, et font preuve d’une très grande diversité ; ils peuvent aussi être plus ou moins ferrugineux ou plus ou moins riches en quartz.

Géochimie, mobilisation et précipitation de l’or dans les cycles d’érosions
Au Québec: un exemple de méta-conglomérat du Dévonien/Ordovicien, très ancien, très oxydé, et qui contient de l’or. ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/
Au Québéc: un grain d’or découvert dans un conglomérat métallifère et aurifère d’oxydes de fer, très rouge et très ocre. On trouve des équivalents partout en Europe, y compris en France. ©Jérôme Gemme – https://www.facebook.com/sonsofgold/
En France: un exemple de méta-conglomérat ferrugineux et aurifère, très oxydé, et avec des sables noirs et en quartz. ©Athos Hellgoth.
En France: un exemple de breccia (brèche) aurifère, de couleur claire, avec des morceaux de quartz. ©Athos Hellgoth.
En France: un autre exemple de breccia (brèche) aurifère, de couleur claire, avec des morceaux de quartz. ©Athos Hellgoth.
En France: des roches granuleuses métamorphisées, de couleur claire, et contenant des paillettes d’or. Les quartz sont toujours l’un des composants essentiels de ces types de roches. Seul des tests de concassage et de lavage au pan peuvent en révéler d l’existence. ©Athos Hellgoth.

Un conglomérat est une roche détritique (issue de la dégradation mécanique d’autres roches sédimentaires) composée de morceaux discernables liés entre eux par un ciment naturel.

Pour être considérés comme discernables, les morceaux doivent mesurer plus de 2 mm (en dessous de cette taille, on aurait affaire à un grès et non plus à un conglomérat).

Les conglomérats sont le plus souvent de nature sédimentaire, mais ils peuvent également être volcaniques.

Parmi les conglomérats, on trouve :

  • les brèches, composées de blocs anguleux ;
  • les poudingues, composés de galets aux formes arrondies ;
  • les tillites, qui contiennent à la fois des cailloux anguleux et des galets arrondis.

La bréchification est le processus de transformation en brèche de roches préexistantes.

Trouver du conglomérat est un très bon signe, surtout s’il provient d’alluvions d’anciennes rivières existantes jadis, pour y faire quelques recherches pour l’or.

Si ce conglomérat contient du fer oxydé, des éléments métalliques oxydés, ou des sulfures, cela mérite une attention particulière:

CONGLOMERATS/POUDINGUES/BRECCIA + QUARTZ + OXYDES METALLIQUES = ZONE AURIFERE

CONGLOMERATS/POUDINGUES/BRECCIA + QUARTZ + SULFURES = ZONE AURIFERE

CONGLOMERATS/POUDINGUES/BRECCIA + QUARTZ + FER = ZONE AURIFERE

CONGLOMERATS/POUDINGUES/BRECCIA + QUARTZITE = ZONE AURIFERE

Les conglomérats contiennent des traces mineures de sulfures, d’arsenites, de sulfosels et d’autres minéraux, tel que l’uranite, la tucholite, la brannérite, principalement dans la matrice des conglomérats.

Les blocs composants les conglomérats sont cimentés par une pâte riche en silice, qui peut contenir:

  • quartzite,
  • argiles,
  • oxydes métalliques,
  • sulfures métalliques (pyrite, chalcopyrite, blende, galène, arsénopyrite…),
  • arsénites, tellurites.

Dans les conglomérats, poudingues ou brèches, l’or peut y être présent à l’état natif, ou en forme divisées, voire très finement, et il essentiellement présent dans la matrice des conglomérats ou des quartzites.

Les dépôts sédimentaires de type conglomérats s’enrichissent et minéralisent des éléments métalliques comme: Fe, S, As, Au, Ag, mais aussi U, Th, Cu, Zn, Pb, Ni, Co, Terres rares, ainsi que le Pt.

Il est intéressant de noter qu’en règle générale, le ratio moyen Ag/Au dans les minerais aurifères de types conglomérats est autour de 8 à 10.

Ci-dessous: des spécimens de roches aurifères de type conglomérats, brèches.

Conclusion

Maintenant, c’est à vous de chercher et d’ouvrir les yeux.

L’étude des roches est très importante, pour apprendre à bien identifier et confondre celles qui sont les plus pertinentes dans la recherche de l’or.

Comme nous avons pu le voir, les roches ou gîtes aurifères sont très variés et renferment chacun des indices précis.

Ces différents indices permettent, sur le terrain, de comprendre de quels types de gisements ou de dépôts aurifères il s’agit dans le cadre de vos prospections.

Je vous recommande donc de parcourir chemins, sentiers, montagnes, rivières, avec un bon guide de poche sur les roches et les minéraux, et de faire l’inventaire des roches de votre localité.

Au delà de ce conseil, je vous invite aussi à les broyer, les réduire en poudre, et à laver cela au pan, pour savoir s’ils contiennent réellement de l’or ; c’est le seul moyen de le savoir et d’en avoir la certitude.

Références

Voici des documents à découvrir pour étayer et illustrer le contenu de cet article, présentés ci-après.

Vidéo

  • Identifier les roches de types carbonates et d’autres minéraux avec de l’acide chlorhydrique, une vidéo du prospecteur américain 911 Mining & Prospecting: https://youtu.be/HKAgCmkLe8w


  • Les cailloux riches en or, les conglomérats, une vidéo du prospecteur breton Athos Hellgoth: https://youtu.be/l2vjMVV3Ig0

  • : https://youtu.be/Ck__j7HjxiM

  • Des paillettes d’or de de l’argile claire blanche et jaunâtre aurifère, une vidéo de Athos Hellgoth, prospecteur basé en Bretagne: https://youtu.be/ZmXgZoylWjA

  • : https://youtu.be/rObbeRQPdgU

  • : https://youtu.be/dhIMx6vvuMA

  • : https://youtu.be/mSaEk-BUnts

  • : https://youtu.be/u76DPZlJN3Y

  • : https://youtu.be/SZEKnvYKjkk

  • : https://youtu.be/6SI5oXmV49A

Livres

  • Le livre français édité par le BNF, écrit par Christian Guiollard, et intitulé le Guide pratique du chercheur d’or en France, cet ouvrage est le minimum requis. Il y a un large chapitre de cours sur l’or alluvionnaire. Disponible sur le site de la Fnac.
  • Roches et paysages, reflets de l’histoire de la Terre, de François Michel, des éditions du BRGMhttps://www.amazon.fr/Roches-paysages-Reflets-lhistoire-Terre/dp/2701140811
  • Le livre américain intitulé Handbook For Gold Prospectors in Washington, écrit par WAYNE S. MOEN and MARSHALL T. HUNTTING, en 1975. Lien du PDF ici: http://www.dnr.wa.gov/Publications/ger_ic57_handbook_gold_prospectors.pdf
  • Un excellent document intitulé Placers and gold déposits in Arizona, rédigé en langue anglaise, écrit par MAUREEN G. JOHNSON, en 1972. Lien du PDF ici: https://pubs.usgs.gov/bul/1355/report.pdf
  • Je vous recommande aussi la lecture attentive du livre sur l’orpaillage de P. Proust, datant de 1920, intitulé Prospection, gisements, extraction de l’or, des éditions Gauthier-Villars et Cie. Livre disponible ici.

Thèses

En cours de rédaction

Des paillettes d’or sous 2 gros rochers ovales dans un placier alluvionnaire
* Je dois voir par moi même!

NB. Pour des raisons évidentes de préservation des lieux sauvages et des biotopes, je ne divulguerai pas les localisations précises de mes recherches. Car je tiens à conserver en l’état et à l’abris des curieux, des touristes, des fâcheux, de vénaux ou des mercantiles ses endroits magnifiques et magiques.

Si vous orpaillez, rebouchez vos trous! Respectez l’environnement et ne laissez aucune trace de votre passage!

Copyrights: ©Vivien Laïlle / ©Goldsnoop.com 2019, droits réservés.

Crédits photographiques: ©Vivien Laïlle / ©Athos Hellgoth / ©Jérôme Gemme / ©Wikipedia

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