De l’or dans des glaises aurifères gluantes du fond d’une marmite

Etudes réalisées en octobre 2020, article rédigé le 7 mai 2021.

Ayant eu ces derniers mois beaucoup de travail, je n’ai pas eu le temps de réaliser cet article, et de faire cette nouvelle vidéo comme je l’aurai souhaité.

Dans cet article, je vais vous présenter le lavage de glaises gluantes en provenance du fond d’une marmite aurifère, découverte en juillet 2020.

Comme les glaises du fond de la marmite étaient très collantes, très gluantes, il m’était impossible de les laver directement au pan dans la rivière ; j’ai donc été obligé de les sécher au soleil et de les réduire en poudre, de les tamiser.

Ce n’est qu’une fois ces tâches accomplies que j’ai pu alors procéder au lavage au pan.

Je vous invite à découvrir l’article intitulé Une marmite à graviers et glaises aurifères dans du bedrock rocheux, qui est en fait la première partie de mes travaux de l’étude de la marmite.

Pour être complet sur le sujet du bedrock, je vous propose aussi de lire l’article intitulé Cours d’orpaillage: Bien chercher dans le bedrock rocheux, tu devras!, qui rappelle l’intérêt des marmites, failles, rifles et crevasses dans la prospection aurifère.

Auteurs: Vivien Laïlle & Christine Rives – Mail: vivien.laille@gmail.com – Tél: 06 95 34 35 45.

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SOMMAIRE:

Introduction

Les glaises gluantes peuvent être d’excellentes pièges à paillettes et à grains d’or si les conditions sont bien réunies, surtout dans les marmites, les failles, les crevasses ou les interstices ; cela est du aux propriétés collantes et imperméables.

Ce sont des glaises denses et très compactes, idéales pour faire de la poterie.

Mais ces types de substrats, très souvent, sont très difficiles à laver au pan tel quel car ils collent aux doigts, les glaises sont difficiles à briser et du coup les alluvions contenus in-situ sont parfois difficiles à dissocier des glaises.

Il y a donc que 2 solutions possibles qui s’offrent à moi:

  • soit on utilise un appareil pour faire du béton (bétonnière, mélangeur à béton), mais cela nécessite beaucoup d’eau, du matériel et de l’électricité, cela est contraignant, et bruyant. Et je ne dispose pas de ce matériel.
  • soit pour les plus patients, et pour ceux qui ne sont pas pressés, il est envisageable de faire sécher les glaises au soleil, pendant plusieurs jours, pour faire évaporer l’eau. Ensuite, il faut réduire en poudre et tamiser ces glaises séchées pour les laver au pan. C’est la solution simple et très efficace que j’ai privilégié ici.

Dans le fond de la marmite, j’ai pu remarquer plusieurs couches successives et en alternances de glaises de différentes colorations: grise, jaune, bleue, marron.

Le lavage au pan des poudres de glaises séchées on montré que le substrat est composé de 80% d’argiles (glaises), et de 20% de sables (dont des sables noirs).

Ci-dessous: Pour se mettre l’eau à la bouche, voici les spécimens de grains et de paillettes d’or que j’ai découvert dans ces glaises gluantes du fond de la marmite.

Le site de prospection

Pour ne pas paraphraser, l’article intitulé Une marmite à graviers et glaises aurifères dans du bedrock rocheux explique en détail le site de prospection, et les études réalisées sur les graviers et sables alluvionnaires aurifères des 2/3 supérieurs du contenu de la marmite (sans glaise).

Une photo de la marmite avant la prospection, dans laquelle j’ai procédé à l’étude qui nous intéresse dans cet article.

Ci-dessous: présentation de 2 glaises de couleurs différentes, en provenance du 1/3 du fond de la marmite: de la glaise grise bleue et jaune-marron.

Une photographie du fond de la marmite que j’ai étudié. La marmite étant profonde, les glaises ont été difficiles à extraire.

Matériel utilisé pour la recherche d’or

Pour réaliser cette expérience, j’ai utilisé le matériel suivant:

  • Sceaux,
  • 1 masse,
  • 1 tamis à maillage pas trop fin, 3 à 4 mm,
  • 1 pan américain classique Garrett/Gold Trap,
  • 1 grande bassine remplie d’eau,
  • des hématites (ou des gros plomb),
  • Flacon pipette,
  • Microscope optique Novex P-20 LED,
  • Flacons d’analyses d’urines,
  • Mini pan pour les observation au microscope.

Le problème des glaises séchées et tamisées, c’est la finesse et la densité des poudres obtenues, j’ai donc utilisé des hématites pour bien classer, bien mélanger et bien laver au pan et à l’eau les substrats.

Quelques hématites placées au fond du pan, pendant le lavage des poudres des glaises, seront des bons alliés pour bien classifier et bien laver, et pour m’assurer que les sables noirs et les matériaux denses s’accumuleront bien au fond du pan. Certains utilisent aussi des gros plombs de pêche, qui produisent le même effet.

En outre, pour m’assurer de ne pas perdre les particules les plus fines, susceptibles de flotter sur l’eau pendant le lavage au pan, je vais utiliser un peu d’eau savonneuse diluée, qui a la propriété de modifier la tension de surface de l’eau.

Cette astuce de prospecteur évite de perdre les particules les plus fines, car même si l’or est lourd et dense, certaines particules, par leurs formes, peuvent parfois flotter sur l’eau (ce n’est pas un mythe).

Méthodologie de travail

Après avoir récupéré les glaises gluantes et collantes du fond de la marmite, je les faites séchées au soleil pendant quelques jours, pour obtenir des blocs d’argiles dures et compactes.

Ensuite, j’ai broyé et cassé ces blocs de glaises avec une masse sans un sceau, et j’ai procédé au tamisage des poudres avec un tamis pas trop fin, avec une maillage de 3 à 4 mm.

Répétant plusieurs fois le processus, et procédant au fur et à mesure, j’ai récolté la totalité des substrats sous la forme d’une poudre dans un saladier.

J’ai séparé aussi les galets roulés et les graviers plus gros en les regroupant dans un sceau pour les laver à part au pan, car ils ont toujours un peu de glaises collées ; et aussi pour m’assurer d’avoir bien tout lavé correctement à la fin, pour ne rien perdre.

Vidéo de l’expérience du lavage des glaises au pan

Je vous présente maintenant ci-dessous la vidéo de mon expérience de lavage au pan de la poudre de la glaise séchée et tamisée, en provenance du fond de la marmite étudiée.

Vidéo disponible ici: https://youtu.be/a3Q2w9TF1Lo

Spécimens découverts dans les glaises du fond de la marmite

Je vais maintenant vous présenter ce que j’ai réussi à isoler à partir des concentrés des sables noirs des glaises du fond de la marmite, que j’avais regroupé dans une fiole pipette de prospection ; comme vous pourrez le constater, il y a du très bel or.

Ci-dessous: des photographies générales, la photo de famille, prise avec un smartphone, pour admirer les trouvailles et leurs dimensions par rapport à un repère visuel simple (pièce de 1 centime d’euro et mon index gauche). Quelques paillettes et grains d’or de dimensions millimétriques, dont un magnifique grain d’électrum de quelques millimètres de diamètre.

Ci-dessous: 2 clichés photographiques, cette fois-ci prises au microscope binoculaire NOVEX P-20 LED, grossissement simple (à gauche) et double (à droite). En tout, j’ai pu découvrir dans ces glaises une vingtaine de spécimens de grains et de paillettes d’or.

Voici un grain d’électrum, un alliage naturel d’or et d’argent, de couleur gris à reflets blanc. Il mesure 3 mm de diamètre, c’est un très beau spécimen. Il était présent dans cette glaise de fond de marmite, dans un environnement très pauvre en oxygène et hermétique. La présence d’électrum, est un marqueur de présence de sulfures dans des gisements métallifères en amont de site de prospection, plus précisément du sulfure de plomb argentifère ou galène argentifère, qui contient de l’or et de l’argent. Il y a en effet beaucoup de gisements métallifères sulfurés très ancien datant de du Précambrien ou de l’Ordovicien dans les montagnes dans les sommets.

Comment tester la présence d’argent dans un alliage?

Pour être sur de la présence d’argent, il y a 3 tests à réaliser:

  • Le test à l’aimant, pour être sur qu’il n’y ai pas de fer, l’argent n’est pas magnétique,
  • Le test à la goutte d’eau de javel, si le morceau se terni et devient noir (à la lumière) il contient de l’argent.
  • Vous pouvez aussi utiliser de l’acide nitrique, en versant une goutte, l’argent va noircir à la lumière (nitrate d’argent).

Ci-dessous: d’autres prises de vue photographiques, prises au microscope optique, et avec un smartphone, nous permettant de bien apprécier les détails des grains et des paillettes d’or de dimensions plus petites. Les glaises renferment de l’or très fin et très petit, c’est la raison pour laquelle il faut bien la sécher pour la laver délicatement au pan, et prendre son temps pendant les opérations de lavages. C’est du bel or de couleur jaune métallique, essentiellement des grains.

Comme on peut l’observer ici, ce grain d’or a été plié par les actions mécaniques de l’eau, des graviers et des galets de la rivière, lors de son déplacement. Toutefois, il n’est pas encore aplati car il n’a pas encore voyagé sur une longue distance.
Ces deux grains d’or fins, sont en forme de patatoïde, avec des bords qui tendent à être émoussés. Le grain à gauche semble avoir été aplati, puis être plié en deux sur lui même. Le grain de droite est encore très xénomorphe, il semble avoir été martelé progressivement et de manière chaotique, il a des concours très irréguliers, il possède aussi des aspérités et des creux.

Je suis toujours épaté et intrigué par l’incroyable diversité des formes des grains et des paillettes d’or que je parviens à trouver.

Si vous voulez en apprendre plus sur l’interprétation des formes et des couleurs des grains et des paillettes d’or, je vous invite à lire l’article intitulé L’or: montre moi tes formes et tes couleurs, et je te dirais qui tu es et d’ou tu viens!

Conclusion

Comme nous avons pu le voir dans cet article, certaines glaises ou argiles, selon leurs origines, leurs genèses, leurs compositions et leurs contextes géologiques et physiques, peuvent être d’excellent pièges à or, surtout les glaises compactes et gluantes.

Je vous ai montré l’étude d’un dépôt glaiseux de fond d’une marmite qui a révélé la présence de grains et de paillettes d’or.

Aussi, tout comme le bedrock rocheux, il existe des bedrocks d’argiles, sur lesquels de l’or peut s’y déposer et s’y accumuler, c’est le cas par exemple dans certaines plages du littoral.

Il faut donc bien regarder, et faire les essais qui s’imposent, par des tests d’échantillonnages au pan ou à la batée.

L’une des meilleures méthodes pour traiter les glaises compactes et collantes, c’est de les faire sécher au soleil, puis de les broyer et les tamiser, pour ensuite les laver au pan.

Pour approfondir le sujet des argiles et des glaises aurifères, si ce thème vous intéresse, je vous invite à lire l’article intitulé Cours d’orpaillage: Observer les couleurs des argiles et des glaises, tu feras!, qui présente une approche empirique de l’étude des glaises, un condensé de l’expérience, de l’observation, de chercheurs d’or au fil des décennies.

Je vous invite aussi à lire l’article intitulé Une marmite à graviers et glaises aurifères dans du bedrock rocheux, qui est en fait la première partie de mes travaux de l’étude de la marmite.

Références

Web

MATTEO OBERTO (Prospecteur et scientifique italien)

ASSOCIATION DES PROSPECTEURS AURIFERES DU SALAT

  • Le site internet de l’Association des prospecteurs aurifères du Salat: http://gold09.fr/

MEMOIRE ET PATRIMOINE DU BIROS ET DU CASTILLONNAIS

GOLDLINE ORPAILLAGE

D’AUTRES ARTICLES SUR L’ORPAILLAGE

Livres

Orpaillage et géologie:

  • Une vidéo que j’ai réalisé, dans laquelle je présente quelques conseils et livres sur la prospection aurifères, des livres sur le géologie, l’étude des roches, et aussi en toponymie ; Quelques livres et conseils pour la prospection aurifère: https://youtu.be/ix9kvjlromc.
  • Le livre sur l’orpaillage de P. PROUST, datant de 1920, intitulé Prospection, gisements, extraction de l’or, des éditions Gauthier-Villars et Cie. Livre disponible ici.
  • Le livre français édité par le BRGM et écrit par Christian GUIOLLARD, et intitulé le Guide pratique du chercheur d’or en France, cet ouvrage est une référence. Il y a un large chapitre de cours sur l’or alluvionnaire. Je vous recommande tous les livres de cet auteur qui est aussi historien des mines d’or française. Livre disponible à l’achat sur le site de la Fnac.
  • L’excellent guide Larousse intitulé Quelle est cette roche? de l’auteur Tom JACKSON. Disponible ici.
  • Roches et minéraux, des éditions SAEP, écrit par Hervé Jacquemin et Hervé Sider. Disponible ici.
  • Le livre intitulé Rock Identification Field Guide, de Patrick Nurre, des éditions Northwest Treasures Geology, publié en 2013. Disponible ici.
  • Un second livre de Patrick Nurre, intitulé Rock Identification Made Easy, des éditions Northwest Treasures Geology en 2014. Disponible ici.

Histoire & archéologie (Ariège):

  • Premier mémoire sur l’or retiré de l’Ariège, de DIETRICH (DE) Baron, des éditions Lacour Rediviva. Disponible ici.
  • Ariège – Pyrénées MUSSY (M.), 1864 – Gîtes métalliques du Saint-Gironnais, Pages 80, 81, 82,83, disponible ici.
  • Les ressources minérales de l’Ariège de M. MUSSY, 1ère et 2ème partie, disponibles ici et ici.
  • Au Pays des Hommes et du Fer, le livre intitulé Richesses et exploitations minières en Ariège, Tome 1 et Tome 2, du géologue Henri TABARANT. Il sont devenus introuvables.
  • Etudes historiques sur l’ancien pays de Foix et le Couserans, de Adolphe GARRIGOU, 1856, des éditions Lacour Rediviva. Disponible ici.
  • Etudes historiques sur l’ancien pays de Foix et le Couserans limites de l’ancienne Aquitaine et de la Province Romaine du temps de Jules César, de Adolphe GARRIGOU, 1856, des éditions Lacour Rediviva. Disponible ici.
  • Vallées ariégeoises avant l’invasion romaine, de Adolphe GARRIGOU, 1856, des éditions Lacour Rediviva. Disponible ici.
  • Préhistoire ariégeoise, d’Adelin MOULIS, 1936, des éditions Lacour Rediviva. Disponible ici.
  • Le gisement et le traitement direct des minerais de fer dans les Pyrénées & l’Ariège (Ed 1843), Hachette Livre, BNF, de Jules François. 
  • La mine de cuivre gallo-romaine du Goutil, à Labastide-de-Sérou (Ariège), par Jean-Emmanuel GUILBAUT, écrit en 1981. Disponible ici.
  • Le troglodytisme médiéval en haute vallée de l’Ariège: occupation et utilisations des porches des grottes, par Florence GUILLOT associée CNRS Traces-Terrae, publication proposée à l’Archéologie du Midi Médiéval. Disponible ici.

Vidéos

Placier aurifère de crues d’eau, avec hématites, et des paillettes d’or
* Qui cherche trouve!

NB. Pour des raisons évidentes de préservation des lieux sauvages et des biotopes, je ne divulguerai pas les localisations précises de mes recherches. Car je tiens à conserver en l’état et à l’abris des curieux, des touristes, des fâcheux, de vénaux ou des mercantiles, de la folie des hommes, ses endroits magnifiques et magiques.

Si vous orpaillez, rebouchez vos trous! Ne laissez aucune trace visible de votre passage! Prospectez de manière responsable et respectez la nature et l’environnement.

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Crédits photos: Vivien Laïlle, droits réservés.

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