Exploration d’un nouveau placier aurifère sur le Lez en Ariège

Ce samedi après-midi, nous partons à la découverte d’une rivière ariégeoise, connue et réputée aurifère, le Lez, dans le pays du Couserans, en Ariège.

Je ne connais pas du tout cette rivière, c’est la première fois que nous allons réaliser quelques recherches de prélèvements là-bas, avec mon amoureuse L’Orpailleuse Mystère.

Nous voulons aller dans le Lez, pour récolter des nouvelles données, et explorer une nouvelle rivière, pour travailler un autre type de sable, et surtout pour prélever des nouveaux échantillons de matériaux brassés en provenance d’endroits plus reculés dans l’Ariège.

Nos investigations confirment bien la présence d’or dans le Lez, comme le mentionnent de nombreux textes, articles, et témoignages d’autres prospecteur d’or en France.

Nous avons voulu vérifier par nous même s’il y avait de l’or là-bas ; c’est pendant un picnic au bord de l’eau, que nous avons réalisé nos recherches tranquillement, en cette fin de saison estivale.

Auteurs: Vivien Laïlle & Christine Rives – Vivien.laille@gmail.com – +33(0)695343545

Date de publication: 8 septembre 2019

Mots clefs: lez, orpaillage, or, paillettes, paillettes d’or, or alluvionnaire, placier, Ariège, Couseran, France, prospection aurifère, terrasse, rivière, sable noir, Pyrénées, montagnes ariégeoises

L’Orpailleuse Mystère lave du sable au pan, dans la rivière du Lez, en Ariège, dans le Pays du Couserans, après avoir récolté des matériaux des gros rochers visibles en centre à droite sur la photographie.

Introduction

L’Ariège est doté d’un long passé minier, remontant à l’époque des peuples Euskes, puis des peuples Celtes, puis les Gallo-Romains avec César ; de nombreuses mines oubliées ont été jadis exploitées par les habitants de la région.

Le Lez est un affluant du Salat, qui traverse sur une bonne partie de sa longueur, des territoires très minéralisés, riches en fer, en cuivre (chalcopyrite), en plomb (galène), en argent (galène), et en zinc (blende).

Il fallait donc vérifier la présence d’or dans cette rivière, afin d’en avoir la certitude.

Ayant réalisé plusieurs prélèvements successifs au sein d’un placier alluvionnaire, nous avons pu mettre en évidence la présence de paillettes d’or petites et fines, mais existantes.

Spécimens observés

Des beaux spécimens de paillettes d’or alluvionnaires du Lez, observés au microscope binoculaire:

Site de prélèvement

Pour procéder à cette étude de prospection aurifère, nous avons décidé de répartir plusieurs prélèvements dans la zone de prospection, 4 en tout, pour 4 lieux différents.

Le site est composé d’une petite plage de galets parsemée de quelques gros rochers de 1 m de diamètre environ.

La plage est située au pied d’une terrasse alluvionnaire, elle aussi parsemée de gros rochers disséminés.

Pourquoi cet endroit?

J’ai choisi ce site pour les raisons suivantes:

  • Cette zone est en plein terrain Quaternaire, dans un bassin alluvionnaire, selon les données du BRGM,
  • Parce que le Lez, suivant différentes sources est aurifère, elle traverse des bassins miniers (cuivre, fer, zinc, plomb, argent) et zones riches en quartzites, en conglomérats, en schistes, en ardoises, en grès,…
  • La plage présente de nombreux obstacles: gros rochers, gros galets, végétation.
  • Le Lez charrie des galets du type: granit, quartz, schistes, grès, calcaires, amphiboles, marbres.

Zone n°1: en aval et en dessous de 2 gros rochers

Ici j’ai prélevé le contenu de 2 gros pans.

En aval et en dessous des gros rochers faisant obstacle à la rivière.

Pourquoi ici?

Parce que deux rochers énormes font obstacles aux eaux vives des crues, si le niveau monte de 1 ou 2 m, j’ai donc décidé de creuser et gratter les matériaux en aval, à la base des 2 gros rochers, sur 40 cm de profondeur.

J’ai bien pris soin de gratter en dessous des rochers, et de bien laver les galets dans le pan.

Zone n°2: dans une sorte de marmite de gros rochers

Ici l’Orpailleuse Mystère a prélevé et lavé le contenu de 3 pans classiques, en allant toujours plus profond.

Le prélèvement n°2 a été réalisé au coeur de cet amas de rochers.

Pourquoi ici?

Parce que cela crée un récipient, une dépression, comme une sorte de marmite, il peut y avoir en montée des eaux un effet venturi.

Aussi la présence de gros galets est un excellent indice.

Zone n°3: à la limite des galets et de la végétation

Ici j’ai prélevé le contenu de 1 gros pan.

Le prélèvement n°3 a été réalisé entre les galets/graviers et la végétation.

Pourquoi ici?

Un test a été réalisé plus en montée de la berge, à la limite de la plage de galets, et de l’herbe, y compris dans les racines. Ici la terre est très sableuse, très riche en graviers, c’est une terrasse alluvionnaire.

Comme il y a beaucoup de racines, sui peuvent capturer des grains, j’ai décidé de faire un test dans ce sable.

Zone n°4: sous un gros rocher, dans la terrasse

Ici j’ai prélevé le contenu de 1 gros pan.

Le prélèvement n°4 a été effectué sous ce gros rocher en terrasse.

Pourquoi ici?

J’ai choisi de chercher sous le gros rocher, de creuser et de gratter, parce que souvent il peut y avoir de l’or en dessous, statistiquement, pour des raisons physiques.

Aussi parce que c’est une terrasse de galets et de graviers et qu’il y a des racines et des végétaux.

A cet endroit, le rocher se situe à 1 m du niveau de la rivière.

Matériel utilisé

Pour cette prospection aurifère, nous avons utilisé le matériel suivant:

  • 2 pans lavés propres,
  • Pioche,
  • Pèle,
  • 1 pipette,
  • Plusieurs flacons propres,
  • 1 microscope binoculaire.

Méthodologie

Nous avons prélevé les échantillons avec une pioche et une petite pèle, puis nous avons lavé les matériaux au pan.

Nous n’avons pas tamisé le sable, et nous avons bien malaxé et débourbé le contenu des pans.

Les contenus de sables noirs ont été ensuite isolés à la pipette dans des flacons respectifs étiquetés, pour ensuite les examiner au microscope.

Ci-dessous: différentes étapes du lavage au pan, à gauche le débourbage et à droite la suppression des particules les plus légères.

Résultats

Voici les résultats des différentes tests des prélèvements effectués, après lavage du pan, et isolation, puis observation au microscope binoculaire.

Les prélèvement n°1, n°2 et n°3 se sont révélés être positifs à l’or, avec la présence de belles paillettes.

Premières observations: le sable

Le sable du Lez est assez grossier, granuleux, très riche en quartz, en mica, j’y ai aussi pu trouver de la pyrite de fer.

Il me parait peu argileux, peu collant, peu gluant.

La variété des quartz est très riche: rose, blanc, jaune, fumé ; il y a aussi de la citrine, de l’olivine, des tourmalines, du grenat.

Le concentré est riche en cristaux roses/rouges, de petits grenats minuscules, qui contient les paillettes d’or et le sable noir.

Les sables plus légers flottent sur ces poussières de grenat et se retirent aisément au pan.

Vue au microscope des sables alluvionnaires du Lez. Quartz rose, blanc, jaune, fumé ; il y a aussi de la citrine, de l’olivine, des tourmalines, du grenat.

Résultats zone n°1

Vue des 2 paillettes trouvées comparée à mon doigt.

Ci-dessous: 2 paillettes d’or alluvionnaires, en forme de flaques. La plus grande mesure 1.2 mm de long. C’est un or qui a séjourné longtemps dans la rivière, roulé et aplati par la force mécanique des galets et les graviers.

Ci-dessous: une autre trouvaille, une belle paillette d’électrum de 1.5 mm de long, alliage d’or et d’argent naturel, avec une légère couche d’oxyde de fer brune.

Résultats zone n°2

Ci-dessous: les 2 premiers grains d’or fin trouvés dans la zone de prélèvement n°2.

Ci-dessous: un autre petit grain d’or minuscule trouvé lui aussi dans la zone de prélèvement n°2.

Résultats zone n°3

En zone de prélèvement n°4, je n’ai rien trouvé de flagrant dans le concentré final observé. On ne gagne pas toujours à tous les coup! 🙂 Sinon cela serait trop facile, dans “chercheur d’or” il y a le mot chercher!

Résultats zone n°4

Le prélèvement n°4 a donné 1 petit grain d’or de 1 mm de diamètre.

Un joli petit grain d’or détritique aplati de la rivière du Lez. Diamètre 1 mm.

Conclusion

Nous avons passé un agréable après-midi et un agréable moment, par la découverte d’une nouvelle rivière, le Lez, dont le lavage des quelques échantillons de sables, a révélé la présence de paillettes.

Le Lez est donc bien une rivière aurifère, il y a du bel or, qui semble très pur, nous n’avons pas été déçu de ces belles trouvailles.

L’or fin qui y est présent est très petit <1 mm, de ce que nous en avons découvert ce jour là ; il est alluvionnaire, détritique, en forme de flaques, aplati, provenant sans doute de montagnes et de vallées du centre de l’Ariège, transporté sur une bonne distance par le Lez.

Nous sommes heureux de découvrir et de confirmer ces résultats, et pensons y revenir prochainement.

Références

Vidéo

Livres

Orpaillage:

  • Je vous recommande aussi la lecture attentive du livre sur l’orpaillage de P. Proust, datant de 1920, intitulé Prospection, gisements, extraction de l’or, des éditions Gauthier-Villars et Cie. Livre disponible ici.
  • Le livre français édité par le BRGM et écrit par Christian Guiollard, et intitulé le Guide pratique du chercheur d’or en France, cet ouvrage est une référence. Il y a un large chapitre de cours sur l’or alluvionnaire. Je vous recommande tous les livres de cet auteur qui est aussi historien des mines d’or française. Livre disponible à l’achat sur le site de la Fnac.

Histoire & archéologie (Ariège):

  • Etudes historiques sur l’ancien pays de Foix et le Couserans, de Adolphe Garrigou, 1856, des éditions Lacour Rediviva. Disponible ici.
  • Etudes historiques sur l’ancien pays de Foix et le Couserans limites de l’ancienne Aquitaine et de la Province Romaine du temps de Jules César, de Adolphe Garrigou, 1856, des éditions Lacour Rediviva. Disponible ici.
  • Vallées ariégeoises avant l’invasion romaine, de Adolphe Garrigou, 1856, des éditions Lacour Rediviva. Disponible ici.
  • Le gisement et le traitement direct des minerais de fer dans les Pyrénées & l’Ariège (Ed 1843), Hachette Livre, BNF, de Jules François.

Web

* Qui a volé mon pan?

NB. Pour des raisons évidentes de préservation des lieux sauvages et des biotopes, je ne divulguerai pas les localisations précises de mes recherches. Car je tiens à conserver en l’état et à l’abris des curieux, des touristes, des fâcheux, de vénaux ou des mercantiles ses endroits magnifiques et magiques.

Si vous orpaillez, rebouchez vos trous! Ne laissez aucune trace visible de votre passage!

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