Cours d’orpaillage: chercher de l’or sur les placiers marins (plages des littoraux)

CET ARTICLE EST EST COURS DE REDACTION ET DE FINITION

Vous ne le savez peut-être pas, mais pour celles et ceux qui habitent au bord de la mer ou de l’océan, ou bien pour les prospecteurs qui habitent près des littoraux maritimes, il existe des placiers marins.

Dans cet article, je vais vous présenter un dossier complet sur la prospection aurifère et l’orpaillage au bord de la mer, dont certains littoraux présentent des plages de sables avec des gisements aurifères mémorables à ne surtout pas négliger.

C’est d’autant plus intéressant, que si vous êtes en famille, ou avec vos enfants, cela permet d’avoir une activité de vacances ludique et intéressante, qui change un peu de châteaux de sables...

Le principal avantage de ces types d’endroits, c’est qu’ils peuvent être facile d’accès ; le littoral français compte 19 193 km de côte selon le SHOM dont 5 500 km en métropole (réparties sur 4 façades maritimes, 885 communes, 26 départements et 11 régions).

Avec un simple pan et une pelle, et un peu de recherches et d’opiniâtreté, vous pouvez partir à l’aventure et prospecter !

Je souhaite remercier notre ami prospecteur breton Athos Hellgoth, dont la générosité sans limites, et le sens du partage, nous permettent à tous de profiter de son travail et de ses recherches aurifères, de ses études sur les placiers marins.

Grâce à lui, nous disposons de nombreuses vidéos et illustrations à ce sujet.

SOMMAIRE :

Ce que vous devez chercher : les sables noirs

Vous marchez sur la plage, vous vous promenez au bord de la mer, vous êtes observateurs, vous appréciez le vent, le bruit des vagues…

Mais ne vous êtes vous pas demandé pourquoi, parfois, il y a des bandes d’un sable plus sombre, de couleur brune ou noir, une bande qui se démarque du sable clair omniprésent ?

Ces dépôts noirs doivent être l’objectif de vos recherches.

Nous les prospecteurs, nous appelons cela des sables noirs.

Apparences des dépôts de sables noirs sur les plages
De quoi sont composés les sables noirs des plages ?

En fait, pour simplifier ce sable noir est composé de particules lourdes qui se sont concentrées en ces différents endroits.

Les sables noirs sont composés d’éléments métalliques oxydés lourds, d’hématites, de particules de fer, d’or. Il y a aussi des grenats, et d’autre minéraux denses et lourds.

Les aléas du temps et de la météo… façonnent les plages

Ces dépôts de sables noirs se sont accumulés à divers endroits, à cause des flux incessants des eaux de la mer/océan, mais aussi à cause des phénomènes des marées successives (le flux et le reflux), ou bien à cause des tempêtes.

Il faut aussi noter, que ces dépôts de sables noirs se déplacent perpétuellement, sans arrêt, au fil du temps, et de la météo. Ils peuvent être présents un jour à tel endroit, et disparaître au bénéfice d’un autre endroit.

Les tempêtes peuvent parfois révéler et faire apparaître des nouveaux dépôts de sables noirs ; d’ailleurs certains chercheurs d’or, spécialisés dans les placiers marins, y réalisent des investigations presque quotidiennement, ou très régulièrement, au fil des évolutions des déplacements des zones.

Inversement, ces mêmes tempêtes peuvent faire disparaitre des zones de dépôts découverts.

Il y a donc un aspect aléatoire dans ces types de dépôts aurifères.

Un cas particulier : la mine d’or de Pénestin, site naturel classé du Morbihan (Bretagne)

Le site de la Mine d’Or est unique en France par son intérêt écologique. Sa falaise est le témoin du passage d’un ancien fleuve, qui s’écoulait au sein d’une vallée aujourd’hui disparue.

Une bordure de cette paléovallée est visible au nord de la falaise. La falaise qui la surplombe constitue un site géologique d’intérêt international, pour son estuaire de fleuve fossile.

La Plage de la Mine d’or de Pénestin. Crédit photo : Guillaume de clermont 60. Source : Wikipédia.
Falaises de la Mine d’Or à Pénestin, site naturel classé du Morbihan. Crédit photo : Daieuxetdailleurs. Source : Wikipédia.
Falaises de la Mine d’Or à Pénestin, site naturel classé du Morbihan. Crédit photo : Daieuxetdailleurs. Source : Wikipédia.
Falaises de la Mine d’Or à Pénestin, site naturel classé du Morbihan. Crédit photo : Daieuxetdailleurs. Source : Wikipédia.
Classement du site

La falaise ainsi qu’une partie du domaine public maritime correspondant est un site naturel classé par décret du 28 septembre 1989.

La prospection aurifère, en tant que tel, y est donc strictement interdite, nous présentons cet exemple concret pour ses intérêts géologiques, historiques et minéralogiques.

Histoire de la mine d’or de Pénestin

Le 5 juillet 1852, Charles Bonnefin écrit au maire de Pénestin après avoir réalisé un travail de prospection.

Il demande l’autorisation de déposer sur les bords de la « Grande Côte » — l’ancien nom de la Mine d’Or —, les résidus du lavage du sable dans lequel se trouvent des métaux précieux, notamment de l’or.

Il demande également de pouvoir construire une cabane et une rampe sur le site.

Le conseil municipal accepte sa demande et lui accorde une concession.

La plage de la Mine d’Or tire donc effectivement son nom de l’exploitation aurifère entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle.

L’or ne se trouvait pas dans une mine, mais à l’air libre, dans le sable sous forme de paillettes. Cependant, le lavage de tonnes de sables ne permettait d’extraire qu’une faible quantité d’or.

L’exploitation du site a par conséquent employé peu de main d’œuvre et n’a pas entraîné un effet de « ruée vers l’or », s’arrêtant dès le début de la première guerre mondiale.

Géologie de la mine d’or de Pénestin

Les falaises de la plage de la Mine d’Or à l’ouest du bourg de Penestin, hautes de 10 à 15 mètres et dont la verticalité est parfois rompue par des éboulis, sont caractérisées par leur coloration cuivrée.

Elles offrent sur près de 1 800 m une coupe orientée en gros N-S d’un système sédimentaire, dénommé «Formation de Pénestin» (sables, argiles et graviers de l’éocène-Würm).

Cette formation repose sur un socle de micaschistes briovériens très altérés en kaolinite.

Un grand accident décrochant N 110° limite les affleurements au sud.

Formations géologiques sur la falaise de la plage de la Mine d’Or. Crédit photo : Salsero35. Source : Wikipédia.

La formation de Pénestin repose sur un substratum briovérien constitué au nord de micaschistes chloriteux sains, plissés et à foliation métamorphique faiblement pentée vers le sud.

Ils passent latéralement vers le sud à leurs produits d’altération avec des isaltérites puis des allotérites riches en kaolinite et en quartz, cette latérisation ayant lieu à l’Yprésien et au Lutétien supérieur.

Cette formation est subdivisée en trois unités lithostratigraphiques qui correspondent à deux périodes d’incision de vallées fluviatiles lors d’abaissement du niveau marin pendant plusieurs cycles glaciaires quaternaires situés entre −600 000 et −300 000 ans :

  • l’unité 1 (2 mètres au maximum) est un conglomérat rouge brun consolidé à ciment ferrugineux hétérogène dont la coloration est héritée du fer des profils d’altération latéritiques. Ce conglomérat épais est constitué de blocs de quartz, de grès, de granite et de micaschiste de taille variable, parfois plus de 10 cm, d’origine locale ou plus lointaine. Ces galets présentent parfois une imbrication fruste, montrant un écoulement vers le nord-ouest, et quelques niveaux sableux de quelques décimètres d’épaisseur montrent des litages obliques de courants. Cette unité correspondrait au plus bas niveau marin avec la formation d’écoulements de débris donnant naissance à des cônes alluviaux dans la paléo-Vilaine ;
  • l’unité 2 (2 à 7 mètres) montre des sables ocre très grossiers qui évoluent verticalement vers des sables très fins, des silts argileux et argilites avec rides de courants parfois opposés caractéristiques des courants de marée (faciès tidaux). Vers le nord, des litages obliques de sables grossiers à graviers anguleux indiquant des paléocourants vers le nord-ouest. Vers le sud, la granulométrie diminue en passant de sables moyens à grossiers mal classés jusqu’à des sables plus fins assez bien classés à litages obliques soulignés par des galets. Cette unité correspondrait à une lente remontée du niveau marin avec la formation de mégarides appartenant à des barres sableuses qui se développent dans le lit des rivières en tresses ou faiblement sinueuses. Entre ces barres se déposent des sables plus fins voire des argiles déposées par des lacs temporaires, lors de l’abandon des chenaux dans la paléo-Vilaine ;
  • l’unité 3 (3 à 6 mètres) est grossière avec à la base des niveaux conglomératiques, moins grossiers que dans l’unité 1, puis des sables grossiers à moyens et des graviers et galets de quartz, grès et schistes rouges. Les litages plans obliques indiquent des paléocourants vers le sud-est à l’opposé des deux unités inférieures. Vers le sommet, des argilites rouges apparaissent dans les niveaux sableux et enfin des niveaux argileux gris lités pourraient correspondre à des dépôts lacustres développés entre les barres sableuses des rivières en tresse. Cette unité correspondrait à un nouvel épisode de bas niveau marin avec la formation d’écoulements de débris dans la paléo-Loire.

(Visited 71 times, 1 visits today)